Ces deux derniers billets de blog ont porté sur de courtes listes de livres : trois romans policiers humoristiques et trois romans de ma sœur. La Dernière FugitiveVoici une dernière très courte liste : les deux romans que j’ai aimés, que j’ai aimés davantage que tous les autres (du moins jusqu’à il y a quelques jours : il faudra que je vous parle de mes nouvelles découvertes). Ces lectures datent d’avant l’été. Ce sont La Dernière fugitive de Tracy Chevalier (éd. Folio) et Chroniques de l’oiseau à ressort de Haruki Murakami (éd. 10/18).

Je n’avais jamais lu aucun livre ni de l’un ni de l’autre auteur. Commençons par La Dernière Fugitive. Une jeune Anglaise découvre l’Amérique, ses quilts assez grossiers en comparaison de ceux qu’elle réalisait avec ses amies, sa gastronomie qui manque de finesse, la communauté quaker de là-bas qui s’arrange de l’esclavagisme en restant passive. Il y a un trait du roman qui m’a incommodée : cette sans cesse comparaison Angleterre/Amérique au détriment de l’Amérique où tout est grossier et éphémère. Cela devient assez lourd quand le procédé est réutilisé et réutilisé encore. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé tout le reste, cette vie qui doit se mener coûte que coûte avec ses convictions et ses craintes. Un roman que je relirai avec plaisir.

Chroniques de l'oiseau à ressortChroniques de l’oiseau à ressort est un phénomène de construction littéraire, d’histoires qui s’enchâssent, de récits dans le récit, le tout sur plus de mille pages dans la version de poche que je possède. Je n’aurais sans doute pas acheté ce livre si j’avais saisi qu’il s’agissait d’un roman fantastique tant le terme fantastique est utilisé hors de propos, mais il s’agit véritablement et merveilleusement d’un roman fantastique, c’est à dire de l’incapacité de savoir où est le vrai, voire de s’interroger sur la réalité du réel, sur la chute inexplicable des repères, la chute dans un puits où l’opacité de la nuit révèle avec plus d’acuité ce qui est que la lumière du jour. Un roman phénoménal.

J’en ai lu plusieurs pages à ma fille, bien que ce ne soit pas un roman pour son âge, parce que j’avais plaisir à le lire à haute voix et elle à l’écouter (il peut être intéressant pour l’acquisition du vocabulaire de se confronter avec un texte au vocabulaire hermétique pour son âge si c’est assorti de quelques explications, du moins est-ce ce que je pense). Nous avons même à présent un chat à ressort chez nous, sur le modèle de l’oiseau de la couverture du livre. Il trône sur un meuble du salon, guettant un hypothétique oiseau qui remonterait le temps. Ce chat est un clin d’œil au livre. Autant dire que Chroniques de l’oiseau à ressort a marqué mon esprit.