Je condense à nouveau mes lectures en ne formulant que quelques mots sur chaque. Deux enquêtrices pour trois romans au parfum désuet : Miss Silver, dont j’ai déjà parlé à deux reprises, et Alice Roy.

Le châle chinoisAu douzième coup de minuitMiss Silver, le personnage créé par Patricia Wentworth, tout d’abord, avec deux romans lus récemment : Le Châle chinois et Au douzième coup de minuit. Ces romans font partie des premières enquêtes de Miss Silver. Je les ai appréciés tous deux, ils sont de lecture agréable, ne prennent qu’assez peu de temps si bien qu’on peut lire un roman en une journée. Ces romans policiers sont construits sur le même schéma : une mort qui survient dans un lieu clos, avec pour protagonistes la famille, qui réside dans une demeure particulière (le lieu clos en question) ou en visite, si bien que l’on peut être quasiment sûr que le meurtrier appartient à ladite famille élargie aux gendres, brus, beaux-frères, etc. Miss Silver est connue par l’un ou l’autre personnage, l’affaire se déroule non loin du lieu où elle se trouve, on vient donc naturellement lui demander son concours. Les policiers ont tous entendu parler d’elle et malgré quelques réserves de certains, Miss Silver se fait rapidement apprécier pour sa capacité à écouter et pour sa clairvoyance. Si l’on ajoute à cela que Miss Silver ne se déplace pas sans son tricot, ce qui semble faire d’elle une vieille dame inoffensive, vous avez un portrait qui ressemble fort à celui de Miss Marple. Je ne comprends pas pourquoi le personnage a été autant occulté par l’autre, alors que les romans me semblent se valoir.

Alice et la malle mystérieuseLors du swap « cabinets de curiosités », Seraphina, ma binôme, m’a adressé Alice et la malle mystérieuse de Caroline Quine. J’avais tant lu cette série quand j’étais enfant ! J’ai lu avec plaisir ce roman jeunesse avec un regard neuf. Je me laissais emporter par ma lecture, autrefois. J’ai à présent souri de voir que tout était si bien combiné que les mystères ne pouvaient que s’éclaircir. En faisant une brève recherche, j’ai découvert que Caroline Quine n’est pas une auteure mais un pseudonyme pris par l’ensemble des auteurs qui ont œuvré à la création de cette série. Quand je lisais les aventures d’Alice, je ne m’imaginais pas que Nancy Drew (puisque tel est son nom dans l’édition originale) vivait dans les années 40 (les livres ont été traduits en français dans les années 70). Certes, il y avait certains aspects assez guindés, le fait que la gouvernante avait encore une grande influence sur elle alors qu’Alice semble avoir plus de dix-huit ans (on dit dans le roman que j’ai lu qu’elle n’en a pas encore 20, sans préciser davantage), la déférence, la courtoisie dont fait preuve la jeune héroïne, qui semblent d’un autre temps, le fait qu’elle ait besoin d’un chaperon par moments, mais Alice est une héroïne moderne, qui entend décider par elle-même, qui conduit, qui se comporte en adulte. Il est amusant de voir combien la relation qu’elle entretient avec un garçon de son âge est édulcorée. On pourrait aussi bien s’attendre à ce qu’ils se serrent la main pour se saluer vu leur comportement. Pas de baiser, pas d’intimité recherchée, le jeune homme en question est davantage une sorte de camarade, chevalier servant quelque peu subalterne, comme les deux amies féminines que l’on ne différencie guère l’une de l’autre : celles-ci ne jouent pas le rôle d’enquêtrices mais celui d’accompagnatrices, peut-être aussi un peu de faire-valoir.

Le Châle chinois et Au douzième coup de minuit, Patricia Wentworth, éd. 10/18

Alice et la malle mystérieuse, Caroline Quine, éd. Hachette, Bibliothèque verte