Pour évoquer brièvement quelques livres lus ces derniers semaines qui mériteraient tout de même que je les cite, voici un billet de blog sur des livres « autour de l’Asie ». Cela comprend le roman Shibumi de Trebanian, le gekiga L’âme du Kyudo de Hiroshi Hirata et enfin la BD Entre ici et ailleurs de Vanyda.

shibumiShibumi de Trevanian a été récemment réédité en format de poche aux éditions Gallmeister. Je l’ai trouvé en librairie, je n’ai même pas pris le temps de lire la 4e de couverture (j’étais accompagné de deux enfants impatients !) : le titre japonisant et l’arme blanche en couverture m’ont suffi à faire mon choix. Je n’avais encore jamais encore lu de livre de Trevanian, auteur américain de plusieurs romans qui ont été traduits en français. Shibumi a été une sacrée découverte. Les premières pages nous orientent vers une histoire d’espionnage, mais pour savoir qui la Mother Compagnie doit affronter, un exposé de la vie de Nicholeï Hel est réalisé. C’est ainsi que l’on plonge dans la vie tumultueuse de cet homme exceptionnel. Les pages consacrées à la spéléologie m’ont moins intéressée (je dois cependant reconnaître que l’ami basque et ses jurons ont du piquant) que celles consacrées à la période japonaise, alors que le jeune Nicholeï étudiait le go (à ne pas comparer avec un jeu d’échecs, ce serait insultant), tout en essayant d’atteindre le shibumi, un état de simplicité et de complétude. C’est beau, parfois drôle – y compris satirique, c’est surtout absolument captivant. Un très bon roman.

lame-du-kyudoL’âme du Kyudo de Hiroshi Hirata aux éditions Delcourt. Encore le Japon, et du tir à l’arc, avec une épreuve particulière de force, de précision et d’endurance. Pourquoi chercher sans cesse à dépasser son prédécesseur, à être le premier ? Tant de vies gâchées, tant de sacrifices humains, tant de labeur, d’abnégation, de dépenses financières. Cela se justifie-t-il ? C’est la question primordiale, une remise en question d’une tradition qui a perdu son sens, qui s’est perdue dans la compétition, l’arrogance, la jalousie… Première fois que je lis un « gekiga ». J’ai bien aimé cet épais volume.

entre-ici-et-ailleursEntre ici et ailleurs de Vanyda aux éditions Dargaud traite de racines, de métissage, de racisme, de recherche et compréhension des origines, qu’il s’agisse du Laos (pour l’héroïne du récit) ou de l’Algérie, le tout accompagné de capoera. Un sacré mélange, mais c’est une réussite, c’est tout léger comme une bulle de savon, on s’intéresse au quotidien, aux premiers cours de capoeira, aux relations amoureuses et aux relations amicales, tout en apportant par petites touches des réflexions, des questionnements. Original !