Deux romans irlandais que j’ai lus ces dernières semaines : Brooklyn de Colm Toibin et Nos rêves de Castlebay de Maeve Binchy.

brooklynJ’ai lu Brooklyn grâce à Livraddict : pour le mois de septembre, la lecture commune devait porter sur un roman irlandais, plusieurs propositions ont été faites et parmi celles-ci, il y avait ce roman, dont je n’avais jamais entendu parler et cela même s’il y a eu une version cinématographique… J’ai voté pour ce livre et comme c’est celui qui a été choisi, j’ai décidé de m’inscrire à cette « lecture commune ». C’est la première fois que j’en fais une, la discussion à son sujet a lieu mercredi, je regrette cela dit d’avoir lu un peu trop tôt le roman car tout n’est pas très frais dans ma mémoire, d’autant que le deuxième roman dont je souhaite parler ici, Nos rêves de Castlebay, risque de provoquer quelques confusions.

Non, ce n’est pas la même histoire, mais on a à chaque fois une héroïne qui vient d’Irlande, qui a des frères partis en Angleterre pour trouver un travail (car que faire en Irlande où le travail se fait rare ?), une relation familiale compliquée, un départ pour la ville (l’héroïne de Nos rêves de Castelbay ne part qu’à Dublin pour faire ses études tandis que celle de Brooklyn part travailler en Amérique, d’où le titre puisque Brooklyn est le quartier de New-York dans lequel elle vit), un retour au village, un choix cornélien entre deux hommes et une fin douce-amère. Voilà pour les rapprochements.

nos-reves-de-castlebayChaque personnage féminin de ces romans irlandais cherche à s’en sortir, ou en faisant des études pour Nos rêves de Castlebay, ou en travaillant pour Brooklyn (et en combinant ce travail avec une formation pour quitter le travail de vendeuse et décrocher un poste dans un bureau). Il y a un apprentissage de la vie, de sa dureté, chacune doit persévérer, ne pas se détourner du chemin qu’elle s’est fixée.

Ce sont deux romans que j’ai appréciés, Brooklyn davantage encore que Nos rêves de Castlebay car il y a une aussi dans ce premier titre une dimension sociale intéressante à découvrir (être étrangère dans un pays dont on ne maîtrise pas les coutumes, vivre dans une pension sous le regard d’autrui, s’allier ou se défaire d’autrui, observer les préjugés sur les différentes nationalités…). J’ai été cependant dérangée dans ce roman par le fait que les phrases étaient courtes, sans recherche particulière dans le vocabulaire qui restait très courant. Une lecture un peu trop simple, je dirais. Dans Nos rêves de Castlebay, c’est plutôt à la fin du roman que j’ai été gênée, quand le personnage féminin (je n’ai décidément retenu aucun prénom…) s’installe dans son village avec mari et enfant : elle change subitement de caractère, on explique cela par une dépression, soit, mais le mari aussi, alors qu’il était prévenant, trompe sa femme sur un coup de tête. Cela ressemble si peu à ce que l’on avait compris des personnages, à leur personnalité, que c’en est dérangeant, cela perd en crédibilité.

La fin de Brooklyn est imprévisible, je l’ai appréciée parce qu’elle n’est ni bonne ni mauvaise, l’héroïne ne peut de toute manière que faire du mal à l’un ou l’autre homme, et à elle-même par la même occasion. La fin de Nos rêves de Castlebay a une fin qui semble un retour à l’ordre, mais à quel prix…

Brooklyn, Colm Toibin, éd. 10/18, 8,10€

Nos rêves de Castlebay, Maeve Binchy, éd. Pocket, 7,40€