Journal de MiaJournal de Mia, tome 1, Princesse malgré elle est un livre pour adolescentes. J’aurais presque pu dire qu’il s’adressait à de plus jeunes lectrices vu qu’il s’agit d’une histoire très simple à suivre (Mia comprend difficilement ce qui se trame autour d’elle, on peut comprendre sans mal plus vite qu’elle ne le fait), avec un vocabulaire limité (deux de ses amis ont un langage plus recherché, Mia note les termes qu’elle ne comprend pas comme « libidineux » et « empirique », mais cela n’affecte en rien la compréhension globale du récit quand on ne sait pas soi-même de quoi il s’agit), seulement le personnage est confronté à des situations propres à l’adolescence qui risquent de rebuter de trop jeunes lectrices. Il est question d’alcool bu lors de fêtes, d’un faux-aveugle qui pelote les femmes qui l’aident à traverser : il y a des sujets que je préfère tenir hors de portée de ma fille pour le moment – puisque j’ai lu ce livre en me demandant si cela pourrait convenir à ma fille de 9 ans. Ce journal de Mia est aussi parsemé de formules mathématiques avec des x et des y, ce qui est hors de portée avant un certain âge…(Pour info, j’ai vu ce roman classé à plusieurs reprises dans la tranche 9-13 ans.)

Journal de Mia est un roman plutôt hybride, à réserver plutôt à des collégiennes à cause de certains sujets, mais très facilement abordable plus jeune si on ne prend en compte que l’absence de complexité du roman. Quand on est plus âgé, cependant, on risque de soupirer devant la relative bêtise du personnage : Mia par exemple a cherché pour un devoir des renseignements sur la monarchie de Genovia, a noté le nom du monarque, a vu sa photographie, mais n’a pas compris qu’il s’agissait de son propre père, parce que le prénom qu’il utilise communément est son troisième prénom et non le premier et parce qu’il portait, étant plus jeune, une moustache et avait plus de cheveux…

Certains thèmes parleront à toutes les filles : l’amitié, la sincérité, l’apparence, les relations avec les parents,… et bien sûr, les garçons. On peut mettre en avant la clairvoyance de Mia à la fin du roman. Elle a mûri, ose davantage s’affirmer, dire ce qu’elle ressent, et cela lui réussit bien.

Le roman est au final assez plaisant à lire. Je n’orienterai pas ma fille vers cette lecture, je la juge trop jeune pour certains passages, mais il peut éventuellement être mis de côté pour dans quelques années.

Journal de Mia, tome 1, Princesse malgré elle, Meg Cabot, éd. Hachette, 13,90€ (existe aussi en version numérique)