Après avoir lu et assez apprécié Les Confessions de Mr HarrissonLes Dames de Cranford d'Elizabeth Gaskell, j’ai entrepris la lecture d’un autre roman d’Elizabeth Gaskell : Les Dames de Cranford. Le livre aurait pu me plaire, compte tenu du sujet : la vie de personnages, les fameuses « dames », dans une petite bourgade du nom de Cranford. Elles ne vivent pas dans l’opulence mais respectent des règles de bienséance, qu’elles se sont parfois elles-mêmes fixées, se réunissent, échangent des propos, se préoccupent de leurs semblables (et seulement de leurs semblables) car il est de bon ton de n’admettre dans leur petite communauté que celles (et parfois, mais très rarement ceux) qui répondent à certains critères d’éducation, de lignage, etc.

J’ai été déçue par ce livre. Il est tout d’abord décousu. Les histoires et anecdotes s’enchaînent, chapitre par chapitre, sans véritable liant. Cela pourrait être drôle si ce n’était pas au final assez ennuyeux. Les traits d’humour ne sont pas assez subtils. Les situations (comme l’acceptation ou le refus d’admettre une nouvelle personne dans leur cercle) se répètent.

La quatrième de couverture, fort élogieuse bien entendu, évoque « un classique de la littérature anglaise […] dont la vivacité et l’ironie ne sont pas sans rappeler celles de Jane Austen. » La comparaison ne se justifie pas. L’ironie n’est pas maniée correctement et je déplore clairement un manque de vivacité. La citation du pitch est au fond la phrase la plus amusante de tout le livre, on peut dire qu’elle a été bien choisie. La voici : « Il est bien agréable de dîner avec un célibataire… J’espère seulement que c’est convenable. Tant de choses agréables ne le sont pas ! » D’après la quatrième de couverture, encore, The Independent aurait qualifié le texte de « chef-d’œuvre d’humour« . The Independant semble se satisfaire d’un texte relativement médiocre (j’y vais un peu fort, disons qu’on est loin du chef-d’œuvre en tout cas).

Les Dames de Cranford, Elizabeth Gaskell, éd. Le livre de poche, 6,90€