La Folle Histoire du Picasso que personne n'a jamais vuÀ l’enterrement d’Apollinaire, Picasso rencontre la très petite tenancière de bordel de luxe Mara Bijou. Impressionné, il entreprend de la peindre en majesté, entourée de ses filles. Récemment marié à Olga, le peintre au fort accent entre dans un période classique, il entend peindre à la manière de Bélachquaisse, euh pardon… de Vélasques. La toile, immense, trône dans les appartements de l’amant de Mara… jusqu’à ce qu’elle soit volée. Par qui ? Un habitué du bordel concomitant ? Un révolutionnaire russe ? Trois poètes éméchés, Louis, Philippe et André, qui malmènent les passants au cri de « Dada » ? Jeanne, amie de Mara, journaliste qui entreprend un article sur les modèles qui posent nues pour des peintres, mène l’enquête. Deux enquêtes même : outre ce vole de tableau, Jeanne découvre qu’un meurtrier en série choisit de représenter des horloges sur des cartons glissés dans les effets de ses victimes. Fine observatrice, la jeune femme comprend la logique géographique de ces meurtres.

La Folle Histoire du Picasso que personne n’a jamais vu est un plaisir à lire. Je l’ai beaucoup aimé. C’est un roman léger, enjoué, drôle par moments, qui joue avec des références, renvoie aussi parfois (sans que cela ne dérange le lecteur qui n’a pas lu ce livre) à un précédent roman de l’auteur, La Folle Histoire de l’urinoir qui déclencha la guerre.

Des anecdotes historiques se mêlent à la fiction, les aventures se succèdent de manière rythmée, des vers d’Aragon interviennent à propos, et Jeanne est fort attirante sur sa moto. Les fêtes se succèdent, décadentes, luxueuses, dans le bordel ou dans les catacombes, Orphée cherche son Eurydice, la sort des enfers, alors que l’enfer qui vient d’être vécu, la première guerre mondiale, a laissé ses gueules cassées en prise avec leurs cauchemars.

Un pur divertissement.

La Folle Histoire du Picasso que personne n’a jamais vu, Laurent Flieder, éd. J.C. Lattès, 19€

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