De chant et d'amour : vie de Mademoiselle BeaumesnilFin du XVIIIe siècle. Adélaïde, protégée par sa tante, prend des cours de musique. De chant surtout. C’est une époque bénie qui ne peut durer lorsque la jeune femme tombe enceinte. Au lieu de cacher sa mésaventure, elle l’expose et se condamne au couvent. L’enfant ne vit pas, on doit emmener la parturiente. Son seul recours, lui apprend sa tante, est l’Académie royale de musique, sous patronage du roi, contre laquelle l’autorité de sa famille ne peut rien. Elle s’y réfugie, condamnée à couper tout lien avec les siens. Elle y choisit son nom, Mademoiselle Beaumesnil, et doit remplacer sur le champ la première actrice, qui se fait porter malade. L’opéra s’ouvre à elle, elle émerveille le public, se fait des amis mais aussi des ennemis.

Ce roman historique est mené tambour battant. On suit pendant plusieurs années la carrière d’Adélaïde, ses amitiés et ses amours – nécessaires car il faut un protecteur -, les hommes qui l’aiment réellement, ceux qui la bouleversent et l’homme avec lequel elle va faire discrètement sa vie. L’opéra est un nid d’intrigues, de médisances, de cabales entre le parti de Glück soutenu par Marie-Antoinette, l’opéra à la française ou encore à l’italienne. Les instrumentistes malmènent les partitions de leurs « adversaires », la concurrence est dure entre les actrices, le public hue autant qu’il acclame. Le rêve d’Adélaïde ? Composer. Elle y parvient, après de multiples épreuves.

Ce roman est fondé sur des faits réels. Adélaïde, c’est à dire Mademoiselle Beausmenil, a en effet réellement existé. (Voir l’article Wikipédia en anglais : https://en.wikipedia.org/wiki/Mademoiselle_Beaumesnil)

L’auteure réussit à nous intéresser à la vie trépidante de Mademoiselle Beaumesnil tout en brossant une fresque de l’époque, car à travers les conflits autour d’opéra, c’est toute la société qui apparaît. De chant et d’amour est un roman historique qui m’a bien plu. J’ai néanmoins été gênée par l’abondance des personnages, ne sachant par moments plus qui était untel, à quel titre il était présent, à quel parti il appartenait… Un lecteur plus apte à retenir des noms propres que je ne le suis – autant dans la vie réelle que dans mes lectures, ce qui est assez handicapant pour moi – n’aura probablement pas les mêmes difficultés que celles que j’ai rencontrées.

De chant et d’amour, Virginie Tharaud, éd. J C Lattès, 19,50€ (existe aussi en format numérique)