Mes chers lecteurs,

J’ai envie de râler ce matin, d’où ce billet. Je passe sur Facebook et je vois qu’un auteur évoque sa prochaine publication chez un éditeur que je ne citerai pas, couverture et extrait à l’appui. Rien à dire sur la couverture, je n’ai d’ailleurs pas les compétences pour juger. Par contre, l’extrait… Mamma mia !

Récemment, j’ai corrigé une rédaction de mon fils qui est en 5e. En trois lignes, il avait utilisé le passé composé, l’imparfait et le passé simple, était revenu sur du présent… Une erreur basique d’un enfant qui ne maîtrise pas la concordance des temps, qui situe un récit dans le présent avant de bifurquer vers le passé parce que cela fait plus littéraire et qu’en somme, c’est ce qu’on lui demande de faire, mais qui revient au temps présent parce qu’il ne maîtrise pas le passé simple.

Eh bien voilà, l’auteur dont je lisais l’extrait se trouve à peu près au niveau de mon fils. Le passé composé côtoie le passé simple et cela lui semble apparemment tout à fait normal.

On n’est jamais à l’abri d’une erreur, bien entendu. Sauf qu’il s’agit d’un court extrait que l’auteur vient de choisir (et donc les erreurs, si elles avaient été négligées auparavant, devraient sauter aux yeux) d’un titre à paraître, qui a dû faire l’objet d’une relecture, d’une mise en page, d’un travail éditorial en somme, venant de quelqu’un d’autre que l’auteur. Et là, je pense qu’il y a une grande incompétence et que beaucoup s’improvisent éditeurs (vu le nombre de maisons d’édition qui se créent, ce n’est pas étonnant) sans connaître des règles de base du français. C’est à pleurer. (Venant de cet éditeur, ce n’est pas la première fois que je remarque un tel laxisme, même dans les appels à textes d’ailleurs.)

Ajoutons à cela l’admiration béate de tout le fan club de l’auteur. Waouh, magnifique, j’ai hâte de lire la suite ! Mais personne ne remarque les incohérences temporelles dès la première ligne ? Personne ne remarque, soit dit en passant (parce que dès la 2e ligne j’ai vu une autre erreur) qu’il y a un problème de ponctuation ? (Non, je ne ferai aucun commentaire sur Facebook à propos de cet extrait. Imaginez, je serai la grincheuse qui cible des fautes, la casse-pieds qui ne reconnaît pas la beauté du texte et qui chicane pour des broutilles, et l’orthographe, quelle importance ? on s’en fiche, etc.)

Enfin bref, passons à autre chose, j’essaierai de ne plus lire les extraits que des auteurs proposent sur Internet, cela limitera mon exaspération.

Que cela ne vous empêche pas de lire mon propre extrait sur Internet (ah là là, comment elle retourne la situation à son profit !) : Idée du désir vient de mettre en ligne mon petit conte érotique chinois (disons le pastiche de conte érotique chinois) auquel je n’ai pas donné de titre. J’aurais peut-être dû, vu qu’il est présenté en intégralité. Que diriez-vous de Le Petit Monsieur de bois ? Il s’agit du conte qui figure à l’intérieur de la nouvelle La Seconde Vie d’un olisbos disponible sur Amazon. (Et si vous trouvez des fautes, je vous permets de rédiger un billet de blog pour dire votre exaspération contre cette auteure – moi – qui critique les extraits d’autrui et néglige ses propres textes.)