Hier, un ami m’a téléphoné et m’a raconté, entre autres choses parce que la conversation a duré très longtemps, que son premier roman sortait dans une quinzaine de jours. Cela s’appelle ainsi, c’est publié là, ça parle de telle chose, tu en achèteras bien deux exemplaires ? Je pense que j’achèterai vraisemblablement un exemplaire (pourquoi deux ? un me suffit) par curiosité, par soutien aussi. Il me semble par contre inutile de me suggérer de l’acheter. Je n’aime pas que l’on me force la main, je n’aime pas l’impression de devoir faire quelque chose parce qu’on me demande de le faire et non parce que je l’ai décidé seule. Je n’ai donc pas dit que j’achèterai quoi que ce soit, je suis restée évasive.

Cet ami sait que j’ai publié des textes, je lui avais une fois donné mon pseudonyme ChocolatCannelle. A-t-il déjà lu quoi que ce soit de moi ? A priori non, sinon il m’en aurait parlé. J’aurais pu répondre  « et toi, quand est-ce que tu as lu un de mes textes ? » (ou pardon, « quand as-tu acheté un de mes livres » puisqu’il s’agit d’achat et non de lecture dont il était question) mais c’est contraire à mes principes : je n’aime pas que l’on me force la main, je n’aime pas forcer la main d’autrui.

Un jour, quelqu’un me disait que les auteurs se lisaient entre eux, que c’était un vase clos. Où sont les lecteurs ? Parmi les auteurs. Ou parmi ceux qui veulent le devenir et vont ensuite faire lire leurs livres aux auteurs de la maison qu’ils lisaient auparavant. Parmi leurs amis et connaissances aussi. On se lit entre soi, en somme.

Je n’ai a priori pas ce privilège, du moins dans ce cas de figure.

Ne me croyez pas morose. Ce n’est pas primordial qu’on me lise (ou qu’on achète un de mes livres). Je termine cependant par l’annonce d’une publication en format papier dont j’ai déjà parlé, mais vu qu’il n’y a eu qu’une personne qui a commandé ce livre (la personne qui me disait justement qu’on se lisait en vase clos, ha ha), l’impression n’est pas encore faite. Ce serait chouette qu’avant ma mort le livre existe réellement, entre mes mains. (Comment ça, je vous force la main ?)

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