La Quête de Mary Bennet, continuation d'Orgueil et préjugésAvant de m’attaquer au pavé qu’est Mansfield Park, et après la lecture de l’adaptation d’Emma par Alexander McCall Smith, je viens de lire une « continuation » d’Orgueil et préjugés : La Quête de Mary Bennet de Pamela Mingle. Je me méfie souvent des « austineries », mais ce livre-ci était vendu dans une brocante, cela ne m’a coûté que quelques centimes et je pouvais être surprise agréablement… Je viens de finir le roman et je dois dire qu’il est meilleur que je ne m’y attendais. Je le trouve même assez réussi, pour une « romance historique », genre qui n’a que rarement obtenu mes faveurs.

Bien sûr, pour pouvoir faire de Mary Bennet une héroïne de roman, il fallait pouvoir changer son caractère, car le personnage initial était peu amène. Mary ne dit plus des sottises à tout propos, n’est plus sentencieuse comme son cousin Monsieur Collins, a pris des cours de piano, évite de chanter en public, étant consciente de ne pas avoir la voix qu’il faudrait pour se rendre ainsi agréable. Mary souffre du peu d’amour qu’on lui a accordé, d’une piètre estime d’elle-même, croit qu’elle a une physique qui la désavantage. Mais elle s’est cultivée, a de la répartie (surtout en pensée car elle ne jette pas ses opinions au tout venant, gardant une certaine réserve) et sait affirmer avec assez d’aplomb ses opinions si on l’y convie. Sous la plume de Pamela Mingle, elle prend quelques traits de caractère de Lizzie. A cela s’ajoute une fibre maternelle insoupçonnée.

Il s’agit bien sûr d’une histoire d’amour, mais aussi d’amour maternel, d’attachement à un enfant qui n’est pas le sien, d’amour-propre, de susceptibilités froissées, de secours fraternel,…

Plusieurs rebondissements entraînent le lecteur vers la fin du roman sans qu’il sache avec certitude si Mary va finir par épouser M. Walsh. Une certaine tension est maintenue. La conduite de Lizzie est un de ces rebondissements, procédé utilisé dans l’œuvre initiale.

En-dehors de M. Walsh, les personnages masculins n’ont que peu d’intérêt, ils ne font que de la figuration. C’est un roman centré sur une tribu de femmes, de sœurs, et bien sûr, sur le personnage de Mary Bennet en tout premier plan puisque tout est raconté de son point de vue.

Un roman assez plaisant. Je pourrais me laisser tenter à l’avenir par d’autres « continuations » d’Orgueil et préjugés

La Quête de Mary Bennet, Pamela Mingle, traduit de l’américain par Marie Villani, éd. J’ai lu