Les Grandes Espérances de DickensJ’ai mis très longtemps à lire Les Grandes Espérances, roman de plus de 700 pages. Je suis un peu triste de l’avoir à présent fini car il m’a tenu compagnie plusieurs semaines… Souvent, je lisais un ou deux chapitres dans la voiture, en attendant mon fils. Plus d’une fois, j’ai été surprise de l’entendre cogner à la portière : j’étais si absorbée par ma lecture que je ne l’entendais pas arriver…

Je ne vais pas résumer le livre. C’est un classique, on trouve des quantités de résumés ailleurs. La 4e de couverture le définit comme un roman de l’enfance, de la jeunesse, etc. J’aimerais pour ma part souligner tout d’abord que c’est un roman très drôle, du moins dans une partie assez large du récit. Les traits d’humour sont nombreux et c’est un point que j’ai particulièrement aimé. J’ai aussi envie d’ajouter qu’il y a une dimension fantastique : les personnages sortent de la brume comme s’ils étaient sortis de nulle part et dans l’ancienne brasserie, il lui semble voir Estella alors que cela semble impossible ou encore un cadavre pendu – et ce à deux reprises… Il y a une atmosphère onirique propre aux marais. Tout semble possible d’advenir. Mais dans Londres même tout semble possible d’advenir, puisque la généalogie d’Estella est étrangement découverte, et ses parents sont des êtres que Pip côtoie. Le monde se resserre autour de lui. Mlle Havisham est un personnage de conte, elle est une sorte de Belle au bois dormant, le temps s’est arrêté autour d’elle tandis que son prince est parti. Le récit a une dimension morale, puisque Pip comprend son ingratitude et souhaite se voir pardonné (c’est le retour de l’enfant prodigue en quelque sorte, mais comme il ne lui est pas possible de rester, il part à l’étranger et c’est un double de lui-même qui séjourne là, portant son propre nom). La rencontre finale d’Estella devant les ruines de la demeure de Mlle Havisham semble être une volonté du destin : ni l’un ni l’autre n’était revenu en ces lieux, et c’est là où ils se sont rencontrés qu’ils se quittent, on ne pouvait écrire meilleure fin.

L’écriture est belle. Bien sûr, c’est une traduction et je ne peux juger de la langue initiale… L’écriture en français est belle, en tout cas. La parole de Joe reconnaissable entre toutes à causes de son expression alambiquée et de ses fautes de syntaxe.

J’ai lu ce roman grâce à Auchat de Livraddict, puisque c’est elle qui me l’a adressé lors du swap Jane Austen and England. C’était l’un des titres qui faisait partie de la liste que j’avais composée sur les livres anglais que je souhaitais lire. De Dickens, je n’avais lu jusqu’alors que David Copperfield et quelques contes de Noël. Oliver Twist aussi, mais comme je l’ai lu étant très jeune, je pense que c’était une version abrégée pour enfants…

Les Grandes Espérances, Charles Dickens, trad. de Sylvère Monod, éd. Folio