Deuxième livre que je lis d’Haruki Murakami après l’excellent Chroniques de l’oiseau à ressort, La Fin des temps a été publié bien avant. Je l’ai acheté dans une Fnac il y a déjà un moment et l’ai lu cette semaine passée. Le livre est moins volumineux et je dirais que je l’ai un peu moins aimé, même s’il m’a plu tout de même. Pourquoi ai-je moins aimé ? Parce que je regrette que des digressions historiques comme celles présentes dans Chroniques de l’oiseau à ressort ne se trouvent pas dans La Fin des temps. La structure du roman est aussi plus simple : il s’agit simplement d’une succession de chapitres alternant l’histoire se déroulant dans la fin du monde et l’histoire se déroulant dans le « monde réel ». Cette composition hachée est un peu artificielle mais motive le lecteur à lire toujours davantage pour connaître la suite des péripéties dans un monde et dans l’autre.

Un narrateur masculin est présent dans chaque monde. Je me suis demandée au cours des premiers chapitres s’il s’agissait de la même personne, car les personnages ne sont jamais nommés et qu’il est donc difficile dans ces conditions d’identifier qui est « je ». Les personnages sont « le liseur de rêves », « la grassouillette », « la fille de la bibliothèque », « le gardien », etc.

Le récit jongle avec le fantastique (la scène initiale de l’ascenseur pose une réalité tangible et des distensions), la science fiction (le savant pressent l’évolution du monde, peut couper le son d’une cascade, etc.), la fantasy (les scènes qui se déroulent dans « la fin du monde » présentent une organisation particulière, un lieu utopique entouré de murailles où l’ombre des individus est sectionnée, où les licornes s’ébattent jusqu’à l’hiver où elles meurent…).

Moins fourni, moins sophistique que Chroniques de l’oiseau à ressort, La Fin des temps n’en demeure pas moins un très bon roman que j’ai lu avec plaisir. Prochain livre d’Haruki Murakami que je lirai : Kafka sur le rivage, un livre que ma binôme Miss Fox and Mr Bird m’a adressé lors du swap épistolaire de Livraddict.

La Fin des temps, Haruki Murakami, trad. de Corinne Atlan, éd. Points, 8,80€