L'Île au trésor - Les grands classiques de la littérature en bande dessinéeLe journal Le Monde propose depuis le début de l’année une collection de BD, adaptation de grands classiques de la littérature. Ce sont des rééditions effectuées en partenariat avec Glénat. L’intérêt : une distribution en tabac-presse (d’où le fait que j’ai vu cette BD de L’Île au trésor hier en déposant un colis dans un point relais), un prix attractif – surtout pour les deux premières BD de la série. Le tabac-presse où je suis allée ne possédait que L’Île au trésor, n°2 de cette série, or beaucoup d’autres BD sont sorties depuis comme on peut le lire dans cet article.

Pourquoi ai-je pris L’Île au trésor ? C’est un roman de Stevenson que j’ai lu et aimé lorsque j’étais au collège, je voulais voir ce que pouvait donner ce roman d’aventure en BD. Par nostalgie sans doute un peu. Et puis mes enfants n’ont pas lu l’œuvre initiale, je pense que c’est une bonne chose qu’ils en aient au moins un aperçu avec cette BD. De fait, après avoir lu la BD, je l’ai passée à ma fille pour qu’elle la lise à son tour.

Très clairement, la BD est décevante par rapport au livre. Mais je comprends la difficulté de restituer tant d’aventures en si peu de pages. L’atmosphère qui règne au bord du navire n’apparaît pas ou si peu. Tout le vocabulaire de la navigation est occulté. Le lecteur n’est pas transporté dans un autre monde comme il peut l’être en lisant le roman. L’ambiguïté du personnage de John Silver n’est qu’esquissée. La BD ne donne pas tellement envie de se plonger dans le roman, c’est dommage car on y perd.

Si on occulte le roman, on peut cependant apprécier la BD pour elle-même. Parce que c’est une histoire d’aventure, parce que le héros est jeune et intrépide, parce que le scénario est structuré en trois moments, trois lieux (auberge, bateau, île) et que chaque endroit possède son lot d’événements…. Les images sont claires, les personnages facilement identifiables (alors que dans le roman cela peut être un peu plus difficile de s’en sortir – du moins pour quelqu’un comme moi qui ne retient que difficilement les noms propres). La BD est suivie d’un dossier court mais assez intéressant sur l’auteur, le roman lui-même et l’histoire anglaise du XVIIIe siècle. Ce dossier peut sembler un peu superficiel, mais il est accessible au plus grand nombre, et c’est le but que se fixe cette série.

L’Île au trésor, d’après le roman de Robert Louis Stevenson, scénario de Christophe Lemoine, dessin de Jean-Marie Woehrel, couleurs de Patrice Duplan, Le Monde / Glénat, 5,99€