Mansfield parkJ’étais très curieuse de lire Mansfield Park dont je ne connaissais que le film. J’avais lu que cette adaptation n’était pas très fidèle au roman et souhaitais voir en quoi tenaient les divergences. Auchat, lors du swap « Jane Austen and England », m’a adressé ce roman dont je viens de terminer la lecture.

Je dois tout d’abord marquer ma surprise. Mansfield Park a pu être considéré en son temps, comme m’en a informé la biographie de Jane Austen écrite par Claire Tomalin, comme la meilleure œuvre de l’auteure. Le roman est plus fourni, plus développé que d’autres titres, mais il me semble que cette ampleur est au contraire préjudiciable au livre. Plusieurs passages ne sont que des variations sur une même pensée, un même état et j’aurais préféré plus de concision, une écriture plus énergique au lieu de ces languissements. Le caractère de Fanny Price est placide. Heureusement que l’on connaît ses pensées, plus vives que ses propos ne le montrent, car ses réparties orales n’ont rien de piquant. Enfin, je considère qu’il y a un gros défaut en fin de roman : il est peu crédible que l’homme qui a tant changé pour plaire à Fanny, qui s’efforce de tant changer encore agisse sur une impulsion et détruise toutes ses chances en étant si inconséquent. L’auteure a dû se rendre compte du problème et s’est efforcée de justifier cette conduite incompréhensible. Cet effort de justification est assez lourd. Jane Austen a malheureusement rendu le personnage plus sympathique qu’elle ne l’aurait dû pour s’en débarrasser aussi facilement.

Au final, je dois dire que le roman n’est pas désagréable à lire, qu’il est plaisant de comparer la version filmée et le roman (le voyage de Fanny auprès de ses parents, à Portsmuth est occultée dans le film alors qu’il s’agit d’un séjour de trois mois assez intéressant pour l’évolution du personnage et son rapprochement avec son prétendant, sans compter qu’une sœur de Fanny, Susan, y fait son apparition  – cette sœur disparaît dans le film) mais l’œuvre semble réellement faible par rapport à Orgueil et préjugés, à cause de sa composition et d’un manque d’humour – alors que c’est ce qui fait la force d’Orgueil et préjugés.

Mansfield park, Jane Austen, éd. Archipoche