La Course à l'abîme de Dominique FernandezDe Dominique Fernandez, j’avais lu Correspondance indiscrète, que j’avais beaucoup aimé. J’avais donc placé ce livre, La Course à l’abîme, dans ma « wish list » de Livraddict, d’autant que son sujet, la vie du Caravage, m’intéressait beaucoup. Et ma binôme du swap « correspondance » me l’a offert. Quelle riche idée elle a eue !

J’aimais déjà l’adaptation en BD de la vie de ce peintre par Manara, dont je possède le premier volume. Mais la BD n’est rien comparée à l’excellence du roman de D. Fernandez. Le Caravage, soit Michelangelo Merisi, du village de Caravaggio, prend la parole pour expliquer sa mort, la justifier grâce au récit de sa vie. La volonté de provoquer, de narguer les lois pudibondes, de rompre avec le joug de l’Antiquité et de ses canons, d’afficher son goût pour les hommes, le souhait de peindre d’après le réel sans aplanir ses laideurs habitent son œuvre (j’ai d’ailleurs très envie d’observer ses tableaux après la lecture de ce roman). Peintre officiel de l’église, il abonde de commandes, mais la prospérité lui convient moins que le cachot, les riches plats élaborés par son amant Sicilien moins que les rixes au coin d’une rue…

C’est un portrait captivant du Caravage que nous offre l’auteur, un récit d’aventures, la mise à jour d’une personnalité hors du commun, notamment sous le prisme de l’homosexualité.

Un roman excellent, vraiment. On ne s’ennuie pas une minute, le texte est remarquablement bien écrit, l’histoire est fascinante. Ce ne sera sans doute pas le dernier livre que je lirai de cet auteur !

La Course à l’abîme, Dominique Fernandez, éd. Le livre de poche, 8,90€

[Livre que j’ajoute à ma liste de lecture pour le challenge « Littérature LGBT » de Livraddict.]