Outlander tome 1Je me suis réinscrite récemment au challenge « Écosse » de Livraddict. Pour ce challenge, au cours de la précédente édition, beaucoup ont lu les différents tomes d’Outlander, à tel point que j’en étais intriguée. Le prix des volumes m’a dissuadée de me lancer dans un achat, d’autant que je ne savais pas si cela pourrait me plaire. J’ai donc regardé le premier épisode de la série. Le premier épisode seulement car je n’ai pas suffisamment accroché pour regarder la suite. Cela n’aurait peut-être pas été déplaisant si tout ne tournait pas autant autour du sexe et si on n’avait utilisé d’aussi grosses ficelles que la lecture des lignes de la main, la référence aux légendes, l’apparition d’un « fantôme » pour orienter l’histoire vers la magie et la soudaine chute vers une autre époque.

Quand, il y a quelques jours, j’ai vu que le premier tome d’Outlander était vendu à un prix promotionnel (9,90€ au lieu de 16) et que ce volume contenait plus de 800 pages, je me suis dit que j’allais essayer d’approcher Outlander via la lecture, finalement. Les premières pages ne m’ont pas convaincue, pour les raisons déjà évoquées, mais surtout pour la répétition incessante du désintérêt de Claire pour la généalogie de son mari et pour tous les vieux documents qu’il consulte. J’aurais bien biffé quelques-unes des nombreuses remarques qu’elle faisait à ce sujet. La suite par contre m’a happée. Je comprends à présent l’engouement pour cette saga. Aventure, action, histoire tourmentée (en 1743, Anglais et Ecossais n’étaient pas dans les meilleurs termes et cela ne va pas s’arranger), histoire d’amour aussi (même si cet aspect m’intéresse moins pour le moment)… Les péripéties sont nombreuses, les tableaux brossés sont vivants, on suit avec plaisir la vie de Claire, son travail lorsqu’elle s’occupe de simples, prépare ses remèdes et soigne des malades, mais aussi les intrigues dues aux convoitises, à la jalousie, au pouvoir, au soutien des uns ou des autres auprès du prétendant au trône…

Le roman est très agréable à lire. Sauf pour quelques points. Je ne pense pas que l’on puisse accorder « châtain », adjectif de couleur issu d’un nom commun. Si bien que « châtaine » m’a fait sursauter lorsque je l’ai lu. Autre détail : combien de personnages ont-ils lancé un « regard torve » ? L’expression est trop récurrente à mon goût. Point le plus important : il y a trop de sexe pour moi. Cette remarque peut paraître incompréhensible quand on sait que je lis des textes érotiques ou même que j’en ai écrits. Dans ce roman, qu’il y ait quelques scènes de rapprochements entre des protagonistes, c’est normal, le sexe fait partie de la vie et on ne peut écrire sans l’oublier. Seulement, que l’on prenne tout prétexte pour insérer une telle scène, que l’on en ménage en quantité, cela ne convient pas au roman. Cela donne l’impression que l’on veut absolument, à une fréquence régulière, placer – parfois comme un cheveu sur la soupe – quelques pages de sexe. Il faut apparemment en donner aux lecteurs, à tout prix, cela semble des passages obligés. Et ce n’est pas une réussite. Je pense aussi que certains passages auraient tiré avantage à être écrémés. Certaines disputes sont forcées, chacun s’entête sans écouter l’autre, c’est lassant. La dispute entre Jamie et sa sœur, notamment, me semble artificielle. Le lecteur comprend immédiatement qu’on a mal renseigné Jamie, mais le personnage oublie de réfléchir quelques minutes. Il est habituellement plutôt futé, si bien qu’il semble incohérent d’en faire subitement un idiot.

A présent que j’ai relevé les défauts rencontrés, je peux les laisser de côté pour dire que le texte est remarquablement conduit, il tient en haleine le lecteur, il captive. Bref, j’ai envie de lire la suite !

Outlander, tome 1, Le Chardon et le tartan, Diana Gabaldon, éd. J’ai lu, coll. Best, 9,90€