Une Voie sans retour, Bassir AmiriRoman publié à l’occasion de la journée internationale pour le droit des femmes, Une Voie sans retour est triste et grave.

Alors que les flocons tombent inlassablement sur Kaboul, Elle, personnage dont on ne connaît le nom, repense à son premier jour d’école, puis à une autre rentrée scolaire, au lycée, quand elle rencontre son amie Sara. La guerre est là, toute proche. Elle vit les derniers jours d’une condamnée – pour pasticher Hugo, auteur qu’elle lit, grâce à une librairie qui loue ses livres pour deux nuits. Car les « turbans noirs » prennent la ville et énoncent leurs lois. Plus de lycée, plus de livres. Et périssent tous ceux qui sont soupçonnés d’espionnage, pour une raison ou une autre, devant une parodie de cour de justice.

Une Voie sans retour est un roman court (cent pages environ) découpé en de multiples petits chapitres. Les phrases sont brèves, fréquemment ponctuées. Certains passages descriptifs peuvent être qualifiés de poétiques.

Le roman enveloppe le lecteur, lui fait ressentir la solitude qui progressivement enveloppe Elle. On ressent l’abandon, l’engourdissement de la ville. La fin ne pouvait être qu’un engourdissement plus proche encore, celle de son corps.

Il ne vaut mieux pas lire ce roman quand on déprime, parce que je l’ai trouvé d’une profonde tristesse. Quelques minutes après la fin de sa lecture, je me sens encore comme découragée, vidée.

Une Voie sans retour, Bassir Amiri, éd. Mutine, 12€ (Le roman peut se commander auprès de la maison d’édition ou, je viens de le voir, s’acheter sur Amazon).