Voici un court extrait du roman Le Curé de Wakefield d’Oliver Goldsmith (auteur de langue anglaise qui a vécu au XVIIIe siècle) récemment édité aux éditions Le livre de poche dans une nouvelle traduction. Le monde des lettres vu par le fils du bon Dr Pimrose lors de son arrivée à Londres, après l’écriture d’un livre de « paradoxes ». C’est bien sûr assez caricatural, mais pas totalement dépourvu de pertinence – encore de nos jours me semble-t-il -, ni d’humour.

– Monsieur, me répondit mon fils, le monde des lettres ne dit rien de mes paradoxes. Rien du tout, monsieur. Chacun d’eux était occupé à vanter ses amis et à se vanter lui-même, ou encore à faire le procès de ses ennemis et, malheureusement pour moi, comme je n’avais ni amis ni ennemis, je subis la pire des humiliations : on m’ignora.