Je suis en train de lire un livre de fantasy. Incroyable, n’est-ce pas ? Moi qui pense globalement que ce sont des livres destinés aux adolescents ou aux adultes un peu immatures, je réussis à en lire un et à l’apprécier sans me sentir « attardée ». J’avais déjà essayé ici ou là, mais aucun récit n’avait réussi à me satisfaire. Souvent, quand le texte commençait à décrire l’organisation sociale d’un monde imaginaire, je m’ennuyais, je ne retenais pas les termes choisis par l’auteur, je confondais les noms des personnages et leurs fonctions, je laissais tomber. Et là, miracle, je suis entrée dans le roman très facilement. Parce que l’auteur, je pense, est capable de ne pas fournir trop d’éléments étranges en une fois, déroule l’histoire en expliquant le nécessaire au moment où cela est nécessaire, sait poser son cadre sans se sentir obligé d’inventer des noms abracadabrants. Bref, je lis un roman de fantasy, je ne pense pas aimer « la fantasy » de manière générale, mais peut apprécier un livre en particulier. En l’occurrence, il s’agit d’un roman de Pierre Pevel et j’ai envie de dire merci à l’auteur pour avoir réussi à me réconcilier un peu avec ce genre.

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Vous avez déjà remarqué, sur des sites Internet de lieux touristiques, que l’on propose souvent une page pour le handicap, où il est expliqué que la culture est destinée à tous, que l’on accueille bien entendu tout type de public, y compris des handicapés ? C’est chouette, cela donne du baume au cœur. Seulement, que fait-on sur place ? L’aménagement d’un accès pour un fauteuil roulant, quelques mots en braille ici ou là… Je ne dis pas que ce n’est pas bien, c’est même un bon début. Seulement, le handicap, ce n’est pas seulement ça et je crois qu’il y a encore beaucoup à faire pour accepter des comportements « inadaptés ». C’est quoi, un comportement adapté ? On ne court pas, on ne crie pas, on ne parle d’ailleurs même pas un peu fort, on ne se met pas à rire même, on est pondéré. Quand on a des enfants, c’est déjà difficile, mais imaginez un enfant qui adopte fréquemment ces comportements « inadaptés ». On a droit à des regards courroucés, des « chut », des « vous pourriez faire en sorte qu’il… ? ». A Paris, nous avons visité la Sainte-Chapelle avec ses magnifiques vitraux. Il a fallu sortir bien vite vu que le silence était de rigueur. On s’est fait apostropher à la Conciergerie. Mon fils s’est même fait engueuler par une visiteuse, carrément. Deux endroits qui accueillent bien entendu des visiteurs handicapés, j’avais auparavant jeté un œil sur leur site. Alors évidemment, Sainte-Chapelle et Conciergerie n’étaient pas les choix le plus judicieux à faire en terme de visites avec mon fils cadet, mais c’étaient des lieux qu’aucun de nous n’avait jamais vus et ma fille surtout tenait à voir la Sainte-Chapelle car leur institutrice l’avait évoquée en classe (dans le cadre d’un cours de découverte artistique où sont passés en revue monuments, œuvres d’art…). Les autres visites, ailleurs, se sont bien mieux déroulées, heureusement. Je n’aurais bien sûr pas eu l’idée d’emmener mon fils au Louvre. Le seul musée que nous nous sommes autorisés, c’est le musée de l’homme, qui est pas mal à faire avec des enfants, qui propose des « jeux » sur écran, etc. qui retiennent leur attention. Je dois souligner tout de même, pour équilibrer mon propos, qu’on ne s’est pas fait montrer du doigt partout : le personnel du musée de l’homme a été compréhensif et même sympa, vu les problèmes que l’on a rencontrés (mon fils qui s’est sauvé dans une aire interdite, qui fait tomber une petite voiture dans un endroit inaccessible).

Il y a une différence importante de perception de la culture, il me semble, entre Londres et Paris, villes dans lesquelles je me suis rendue successivement pendant les vacances. J’ai trouvé Londres beaucoup plus décontractée. Vous imaginez un T-Rex qui se met à bouger et à pousser des cris, vous, dans un musée français ? Or, c’est ce que l’on voit au musée d’histoire naturelle de Londres. Finalement, si mon fils se met à crier devant cet horrible dinosaure, cela ne paraît pas si anormal. C’est souvent très guindé, en France. Trop, à mon avis.