Haut-Royaume tome1 Le ChevalierHaut-Royaume tome 1, Le Chevalier, est un excellent roman. J’en suis fan. Incroyable quand on sait que je ne lis jamais, mais vraiment jamais de fantasy. C’est d’ailleurs le premier roman de fantasy que je parviens à lire. D’habitude, cela me fait soupirer, je m’ennuie, je laisse vite tomber. Et dire que c’est un hasard si j’ai lu ce livre… Les éditions Bragelonne avaient, lors d’une opération promotionnelle, proposé un certain nombre de titres de leur catalogue en téléchargement gratuit. Ce devait être il y a plus d’un an. Parmi les romans offerts, j’en ai téléchargé deux : une réécriture d’un roman de Jane Austen qui ne m’avait pas plu (j’ai abandonné très rapidement la lecture tant le style était à mon avis mauvais) et puis celui-là, premier tome de Haut-Royaume de Pierre Pevel. Pourquoi ? Peut-être pour la couverture avec les épées. Je devais être en plein dans ma période films d’arts martiaux. Et les combats à l’épée, j’adore ça. D’ailleurs, il y a de très beaux combats à l’arme blanche dans ce roman.

Je ne sais pas pourquoi j’ai subitement décidé de lire Haut-Royaume alors que cela faisait des mois qu’il était sur ma liseuse. J’ai en tout cas été vite séduite par le récit. Lorn a croupi dans une prison où sévit l’Obscure, une force maléfique qui fait perdre la raison. Il était pourtant l’ami du prince, il était aimé et respecté… Une condamnation a ruiné sa vie. Jusqu’à ce qu’on vienne le tirer de son cachot, car il avait une destinée à vivre, selon les dires d’un conseil qui traduit la pensée du Dragon gris. Il serait celui qui pourrait sauver le Haut-Royaume. Difficile de faire confiance cependant à un homme marqué par l’Obscure, alors que cette force se manifeste lors de crises violentes. Le Haut-Roi vieillissant a laissé la gouvernance du Haut-Royaume à la reine aidée de son ministre. Sert-elle vraiment les intérêts du Haut-Royaume ? Le pays va mal. Pas d’argents dans les caisses, des ennemis aux frontières, un désordre interne avec alliances, trahisons, trames politiques complexes.

Lorn est un héros ambigu. Cherche-t-il la gloire comme certains le présupposent ? La vengeance ? Se conforme-t-il aux décisions du roi ou agit-il à sa guise ? L’Obscure en lui va-t-elle dominer ? Conduira-t-il le Haut-Royaume au succès ou à la ruine ? J’ai apprécié le fait de ne pas avoir un rapport au monde totalement manichéen. Bien sûr, la puissance étrangère et le prince-dragon, fils du Dragon noir, représentent le mal. Mais certains personnages sont plus difficiles à cerner. Le ministre intrigant est un fin stratège – il est machiavélique – et suscite une forme d’admiration, même s’il va à l’encontre des intérêts de Lorn et de sa garde d’Onyx. Les personnages féminins sont en nombre réduit : la reine, la fiancée de Lorn avant son emprisonnement qui fait de la figuration – la retrouvera-t-on plus tard ? -, Naé, fille du forgeron et activiste prisonnière, la fille du comte belle et habile dans ses manigances. Les personnages masculins sont essentiellement des guerriers. En-dehors de ceux-ci, il y a des hommes voués à la politique comme le ministre ou quelques hommes qui ont des fonctions précises : archiviste, prêtre. La société est construite sous nos yeux par le récit, progressivement. Le mérite de ce roman est de ne pas perdre le lecteur, de savoir doser les informations pour ne pas le surcharger. On assimile ainsi noms, fonctions, organisations sans effort particulier.

Les dernières pages de ce premier tome renversent la situation et laissent le lecteur dans un état d’inconfort : on ne sait ce qui va se passer, on aimerait comprendre, connaître la suite. A vrai dire, je n’ai pas eu besoin d’arriver aux dernières pages pour avoir envie de lire la suite tant le roman m’a plu. J’ai donc acheté le second tome, L’Héritier, dans sa version numérique et le lirai prochainement.

Haut-Royaume, tome 1, Le Chevalier, Pierre Pevel, éd. Bragelonne, 22€ le livre broché, 5,99€ l’eBook