Le Jeu du chat et de la sourisPremier roman d’A Yi, auteur chinois, Le Jeu du chat et de la souris laisse une impression d’étrangeté. Un jeune homme essaie de tuer le temps, mais rien ne le sort de son ennui. Il est méprisé par sa tante et la méprise en retour. Pour sortir de son ordinaire, il tue à coups de couteau une camarade de classe et fuit. Son errance est ponctuée d’hésitations sur le devenir de ce « jeu du chat et de la souris » : doit-il se rendre ? continuer à fuir ? se suicider ? Il choisit (ou plutôt utilise l’occasion qui lui est servie) d’arrêter cette fuite, est incarcéré, livré à la justice.

Ce roman a été écrit d’après un fait divers explique l’auteur dans les dernières pages du livre. Cette histoire est relatée sans émotion, froidement. Il n’y a pas de réel mobile au crime et tous ceux qui en inventent un essaient de se rassurer, de le légitimer, de le comprendre. Or, ce n’est pas compréhensible. Les faits sont donnés, sans état d’âme. C’est au-delà de la moralité ou de l’immoralité, comme si cela ne concernait ni l’un ni l’autre. Comme si l’écrit relatait des faits survenus sous anesthésie.

Le Jeu du chat et de la souris est un roman assez déconcertant. Pas un texte que l’on prend plaisir à lire, mais pas déplaisant non plus, parce que son étrangeté interpelle.

Le Jeu du chat et de la souris, A Yi, trad. de Mélie Chen, éd. Stock, 20€, existe aussi en version numérique