Hôtel des musesJe ne pensais pas en acceptant la proposition qui m’a été faite de recevoir ce livre que je l’aimerais autant que ça… Or, j’ai adoré Hôtel des muses, premier roman d’une Américaine, Ann Kidd Taylor, traduit et publié par les éditions Calmann-Lévy.

La couverture si bleue, sereine, est attractive, mais n’aurait pas suffi à me faire lire ce roman. Je ne me serais jamais penchée sur ce livre si on ne m’avait pas contactée pour me le proposer. La dernière fois que les éditions Calmann-Lévy m’ont proposé l’envoi d’un service presse, je ne l’ai pas regretté puisque j’ai ainsi découvert Howard Jacobson avec son Pour faire l’amour qui m’a marquée (un livre remarquable, vraiment) – si bien que j’ai lu un autre livre de l’auteur (La Grande Ménagerie) et compte poursuivre ma découverte de son œuvre. Je pense que, de même, je suivrai de près les prochaines publications d’Ann Kidd Taylor…

Hôtel des muses est l’histoire d’une femme, Maeve, qui étudie les requins. C’est plus qu’un travail, c’est une fascination et c’est toute sa vie. Elle a trente ans, pas d’enfant, pas de compagnon. Ses fiançailles avec Daniel, son amour de jeunesse, ont été rompues quelques années plus tôt. Faut-il le regretter ? Faut-il essayer de recoller les morceaux ? De retour à l’hôtel des muses, créé par sa grand-mère, amoureuse des livres, auprès de son frère jumeau Robin, Maeve rencontre une petite fille, Hazel, et c’est le coup de foudre. Avant de comprendre qu’il s’agit de la fille de Daniel. Une relation semblait possible avec Nicholas car tous deux partagent une même passion pour la vie marine. Mais revoir Daniel réactive tous les sentiments que Maeve avait voulu mettre de côté.

Vous allez croire qu’il ne s’agit que d’un roman sentimental. Or, il s’agit aussi et surtout de passion pour les requins. D’autres thèmes sont importants : la relation frère-soeur, l’enfance (vécue et fantasmée), l’accomplissement de soi, l’équilibre entre ses besoins personnels et les attentes de l’entourage (cette question touche aussi bien Robin que Maeve), le dépassement du deuil. S’ajoute une enquête sur des trafiquants qui sectionnent l’aileron de requins avant de rejeter les animaux à la mer, condamnées à mourir une fois qu’elles sont ainsi amputées.

J’ai aimé la construction du récit, ses retours en arrière, au gré des pensées de Maeve notamment. Ce roman est habilement conçu et jamais ennuyeux. J’ai aimé que la fin ne soit pas prévisible ; tout était ouvert jusqu’aux vingt dernières pages : la vie à trois avec Daniel et sa fille, la relation avec Nicholas qui trouverait un nouvel essor ou l’éloignement des uns et des autres en choisissant l’océan seul. Hôtel des muses est un roman émotionnellement fort et un grand plaisir de lecture. Comme je l’écrivais plus haut, je l’ai adoré.

Hôtel des muses, Ann Kidd Taylor, trad. de l’américain par Christine Barbaste, éd. Calmann-Lévy, 20,90€