Le Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patatesJe croyais avoir acheté ce livre, Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, d’occasion dans une brocante, il y a quelques mois. C’est ce que j’ai dit à ma binôme du swap épistolaire, Miss Fox and Mr Bird. Comme elle me l’avait envoyé, je pensais donc l’avoir en double. Erreur de ma part, je n’avais pas acheté ce livre, j’ai dû l’oublier, trop chargée de livres pour en avoir fait le compte exact. De fait, le choix de ma binôme est une bénédiction.

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates était un coup de cœur de ma binôme. Il a été un coup de cœur pour beaucoup si je lis les avis déposés à son sujet. Pour ma part, j’ai trouvé le livre très agréable à lire – plus encore la seconde partie que la première, quand Juliet est sur l’île de Guernesay au lieu de recevoir les lettres des habitants de Guernesey dans son domicile londonien – mais ne trouve pas le livre extraordinaire au point de parler de « coup de cœur ». Je l’aime bien, je conseillerais volontiers sa lecture, mais d’autres livres le valent.

Le titre de ce roman vous semble long ? Pensez qu’en réalité, le petit groupe de Guernesay se nomme « cercle des amateurs de littérature et de tourte aux épluchures de patates » !

La première partie est donc celle qui m’a le moins plu. Juliet reçoit des lettres de tant de personnages différents, en envoie en retour quasiment à chacun, si bien que l’on peut hésiter et confondre les personnages. Les sujets abordés sont aussi souvent beaucoup plus futiles que par la suite. La vie sur l’île, dans la seconde partie, clarifie le rôle de chacun. Il s’agit majoritairement de lettres de Juliet elle-même, souvent adressées à Sydney, son ami et éditeur. (Précisons que tout le roman est constitué uniquement de lettres plus ou moins longues et de télégrammes.)

Ce qui m’a plu dans ce texte, c’est surtout le sens de la formule. On pourrait relever ici ou là des citations que l’on pourrait placarder sur facebook (c’est la grande mode, les gens ne s’expriment pas directement, il leur faut une pancarte de couleur et une phrase bien sentie en gros caractères pour exister aux yeux d’autrui). C’est bien senti, bien exprimé, court, direct et souvent drôle. Le livre est plein d’humour, malgré les sujets abordés, les conditions d’existence terribles des habitants de l’île pendant l’occupation allemande.

Comme je suis émotive, je pleure souvent en lisant. Avec ce livre, cela n’a pas manqué. Et je pleure même quand c’est joyeux, c’est dire que je dois avoir un mouchoir à portée de main.

Le roman se termine par un mariage annoncé. Bon, soit, mais je pense que l’on aurait pu s’en passer : la vie de Juliet avait déjà grandement changé sans cela, fallait-il nécessairement y ajouter ce mariage ? La vie était déjà riche sans cela.

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Mary Ann Shaffer et Annie Barrows,  trad. de l’américain par Aline Azoulay, éd. 10/18, 8,80€