Itinéraires bis, Marie H. MarathéeAujourd’hui, je vais vous parler d’un recueil de nouvelles, Itinéraires bis de Marie H. Marathée.

***

Je me suis inscrite hier sur la plateforme Simplement qui met en relation blogueurs et maisons d’édition ou auteurs auto-édités. Alors que sur Netgalley, nous trouvons de grandes maisons d’édition, Simplement est davantage axé sur les petites maisons d’édition, les auteurs inconnus. Comme je ne souhaite pas sur ce blog n’évoquer que des grands succès littéraires et que j’aime découvrir des textes qui méritent d’être mis en avant, Simplement pourrait me convenir, en complément d’autres lectures.

La première maison d’édition qui m’a contactée est Plumes solidaires. L’occasion de découvrir via un de ses titres une maison d’édition associative. L’auteure mise en avant est Marie H. Marathée, avec son recueil de nouvelles Itinéraires bis.

***

Itinéraires bis est un recueil dont certaines nouvelles m’ont beaucoup plu et d’autres nettement moins. Curieusement, ce sont les premiers textes qui m’ont moins plu, comme si ce livre était littéralement scindé en deux.

La première partie comprend davantage de dialogues. On y trouve quelques petites erreurs de français, comme l’utilisation de « voire même » (pléonasme), de « quarantenaire » (au lieu de « quadragénaire »)… Le Champ des étoiles, premier texte, me semble de qualité moyenne : à son avantage, il a un changement de point de vue maîtrisé et une certaine originalité. Par contre, deux interventions me semblent inopinées, mal préparées, ces personnages sombres qui surviennent comme des diables hors de leur boîte ne sont pas convaincants. Le personnage de la journaliste me semble aussi un peu trop stéréotypé. L’entrée en scène du professeur via sa conversation téléphonique ne sonne pas très juste. Bref, ce texte me semblait posséder certaines qualités, dont celle de la chute (c’est d’ailleurs un trait commun à l’ensemble des nouvelles : la chute est surprenante, laisse en suspens le lecteur, qui doit établir souvent ses propres conclusions), mais aussi un peu trop de défauts. Esméralda , mon amour, le texte suivant, m’a le moins plu. Le point de vue d’un objet ne m’a pas intéressée. J’ai trouvé ce texte trop alambiqué, voulant faire trop de mystères au point de devenir peu compréhensible. Enfin, dans cette « première partie » figure aussi L’Enfant aux mille sourires. Ce texte serait un entre-deux, je le trouve encore un peu hésitant. Un vieil homme raconte ses souvenirs à une jeune femme qui doit établir son testament. Le texte fonctionne sur un quiproquo, mais aussi sur la dualité de la vie passionnée et de la vie rangée, sans excès.

Et c’est alors que viennent des textes que j’ai beaucoup appréciés : Le Royaume silencieux (l’histoire d’une fille sourde), Le Secret de Luigi (composé de deux parties, qui relate le choix d’une jeune fille de retrouver ses origines), Héritage familial (assez déroutant, mais original et bien trouvé, construit à partir du conte Le Petit Chaperon rouge), Un Jour blanc (qui met en scène deux personnages déjà rencontrés dans la première nouvelle, le professeur et la journaliste, avec aussi un jeune homme autiste ; on y trouve une référence au livre Je suis né un jour bleu de Daniel Tammet). Ces textes présentent une écriture que je juge plus travaillée. Le fait que les dialogues tiennent bien moins de place me semble une bonne chose. Le personnage principal est souvent une jeune femme de vingt ans environ, qui questionne ses origines, qui elle est. Le handicap et les perceptions hors-normes qui y sont associés (surdité, synesthésie,…) mais aussi l’isolement (dans le silence ou à cause d’une « famille d’accueil » peu accueillante, la mise de côté des enfants de son âge dans Héritage familial à cause d’une mère fantasque) sont des atouts pour décrire le monde d’une manière différente, pour le comprendre différemment et mieux le percer à jour.

La couverture ne me parle pas, je trouve même qu’elle desserre le livre. Compte tenu des couleurs arc-en-ciel du titre et du ruban, j’imaginais qu’il serait question d’homosexualité (voire de bisexualité, compte tenu du « bis » du titre). Les couleurs ont leur symbole et en l’occurrence, le choix du multicolore induit le lecteur en erreur. Je ne comprends pas la photographie de couverture : quel est le rapport entretenu avec les textes ? Je ne le vois pas (à l’exception de la coquille qui pourrait évoquer le chemin de Compostelle dont il est question dans le premier texte). Ou alors la photographie de couverture a voulu miser sur une multiplication d’informations, si bien que cet amoncellement ne fait plus sens.

Je dois dire pour finir que si je mets de côté quelques pages initiales, le recueil m’a plu. J’ai été heureusement surprise par certaines nouvelles de très bonne qualité.

Itinéraires bis, Marie H. Marathée, éd. Plumes solidaires, 9,90€ le livre papier, 4,99€ l’eBook