Géopolitique du moustiqueLes moustiques, brrr… Je déteste ces petites bêtes. Quel sujet de livre choisi par Erik Orsenna pour son 4e volume Précis de mondialisation, écrit avec l’aide d’Isabelle de Saint-Aubin ! Géopolitique du moustique : car les moustiques n’ont que faire des frontières, ils se propagent sur toute la planète (ou presque, le Grand Nord ne les attire pas, ou du moins pas encore) en emportant avec eux des parasites, des virus qui provoquent chez l’homme paludisme, dengue, chikungunya,… Le virus zika, c’est aussi à cause de lui qu’il se propage. Les moustiques sont les grands ennemis des hommes. Savez-vous quel animal cause le plus de mort humains ? Le moustique ! En deuxième position seulement arrive… l’homme lui-même.

Géopolitique du moustique entend répondre à quelques questions simples : que sont les moustiques ? d’où viennent-ils ? comment lutter contre eux ? Trois parties et de multiples petites histoires racontées par des entomologistes, des médecins, des chercheurs de l’Institut Pasteur et d’ailleurs. Différents lieux sont visités, au Cambodge, au Sénégal, près du canal de Panama,… On se promène avec Erik Orsenna, qui aborde des sujets comme l’histoire politique, les guerres, la géographie, et d’autres maladies comme la rage et les ravages qu’elle peut occasionner encore de nos jours.

Différentes espèces de moustiques – qui n’ont pas les mêmes comportements, ne piquent pas au même moment de la journée par exemple – portent différents parasites qui sont transmis à l’homme, ou parfois à d’autres animaux avant de parvenir à l’homme (singe, cochon,…). Pour lutter contre ce fléau, que faire, comment faire ? En évitant de se faire piquer en posant des moustiquaires (imprégnées de répulsifs), en évitant que la femelle moustique ne ponde ses œufs en asséchant toute eau stagnante, en étudiant la vie des moustiques – il y a pourtant si peu d’entomologistes, pas de formation disponible en France en dehors d’un cours succinct -, en travaillant sur la création vaccins (contre le paludisme, un vaccin est en cours d’élaboration), en étudiant différentes solutions génétiques ou de stérilisation des mâles,… Dans certaines zones infectées, le DDT est encore utilisé, il est considéré comme un « moindre mal » face aux morts provoquées par le « vecteur » moustique.

Je n’avais lu jusqu’à présent que deux petits contes d’Erik Orsenna : La grammaire est une chanson douce et Les Chevaliers du subjonctif. Je possède un des trois tomes précédents des Précis de mondialisation, sur le coton je crois. Malheureusement, il est dans un carton, avec bien d’autres livres que je n’ai pas encore lus, en attente d’une bibliothèque que l’on installera un jour…

Géopolitique du moustique est un livre facile d’accès, intéressant, d’une écriture légère malgré le sujet évoqué, on saute de petites histoires en petites histoires, de courts chapitres en nouvelles destinations. Il est une ode à la recherche, à ceux qui travaillent pour la santé de tous, un exercice de synthèse de connaissances sur un insecte que l’on connaît mal et sur les malheurs qu’il engendre.

Certaines peaux attirent-elles davantage les moustiques ? La question, posée en fin d’ouvrage, m’intéresse au plus haut point, parce que je ne suis pas épargnée. Quand il y a un moustique quelque part, il est pour moi. Peut-être que je rejette plus de CO2, peut-être parce que mon odeur corporelle leur convient. Il n’y a pas vraiment de réponse, hélas.

Une autre petite info, en passant : inutile d’acheter un bracelet répulsif. Les répulsifs n’agissent que sur quelques centimètres carrés alors ce n’est pas avec un bracelet au poignet qu’on peut être protégé…

Géopolitique du moustique, Précis de mondialisation IV, Erik Orsenna, Isabelle de Saint-Aubin, éd. Fayard, 19€ en version papier, existe aussi en format numérique