Roses mécaniquesRoses mécaniques est un eBook de Stéphane Desienne (auteur que je ne connaissais pas encore) que les éditions Numeriklivres m’ont proposé de lire via la plateforme Simplement.

Je lis peu de science fiction et puis, il y a science fiction et science fiction : je n’aime pas tout dans ce genre. En l’occurrence, le roman emprunte aussi la voie du thriller et il y est question de prostitution de robots. Bref, j’étais bien tentée de le lire, ce que j’ai fait assez rapidement, et je ne l’ai pas regretté. La partie SF m’a bien convenu, on ne m’a pas gavée de données techniques, il s’agit surtout de mettre en place un monde régi par des codes de domination pour que des personnages puissent lutter contre eux.

– Putain de GPS.
– Ouais, confirma Marot. Putain de GPS.
Ce qui était à peu de choses près le seul terme technique qu’elles connaissaient. (p. 130/165)

Dans un monde futuriste où les nantis vivent dans certains quartiers tandis que les exclus survivent tant bien que mal dans la zone du canal, Yuri monte l’échelle sociale grâce à ses activités lucratives : la prostitution, d’abord de jeunes femmes puis de robots plus vraies que nature, si dociles et prompts à exécuter tout ce qu’on peut leur demander. Au rebut, les anciennes gagneuses ! Cinq d’entre elles s’allient pour faire payer ce salaud de Yuri. Leur cible : les prostituées androïdes que Margot met en joue avec son arme de précision. Les cinq filles ne peuvent cependant de cette façon que causer quelques dommages. Il serait bien mieux de pirater les androïdes… Une étrange association voit alors le jour entre les ex-prostituées et des hackers aux buts mystérieux.

Roman noir, roman d’aventure, roman de science fiction, Roses mécaniques emprunte des éléments à tous ces genres en parvenant à créer une ambiance, un récit haletant, une certaine énigme (qui sont ces hackeurs ? même la fin laisse le lecteur dans le brouillard, si bien qu’on se plairait à retrouver ces personnages dans une autre aventure, en lutte contre certaines puissances,…). Il y a beaucoup d’action, des scènes de fuite, de filature, d’observation, des enlèvements, des menaces et des coups de feu. La fin était imprévisible, les cinq filles s’en sortent – heureusement – vivantes, si bien que leurs propres aventures y trouvent leur conclusion.

L’écriture est appréciable, elle est dynamique, un même chapitre peut accueillir différentes scènes centrées sur l’un ou l’autre des personnages. Je suis réticente devant l’emploi du verbe « impacter » dans un texte littéraire et j’ai tiqué à certains moments sur l’usage des virgules comme dans cette phrase où ce signe de ponctuation ne se justifie pas : « Ils découvriraient cinq femmes dont l’une avait pour parent, un sniper. » (p. 51/165) Le registre de langue est courant, voire familier, ce qui est amplement justifié compte tenu des personnages qui tiennent les propos ou du point de vue adopté. Yuri et son acolyte, par exemple, s’interpellent en utilisant le terme « mec ». Le texte passe dans son ensemble très bien d’un point de vue stylistique. Les aventures trouvent une succession temporelle, ce qui est attendu dans ce type de récit. On note tout de même de brèves évocations de souvenirs.

Roses mécaniques est un roman que j’ai bien aimé, j’en recommande volontiers la lecture pour quelques heures de distraction.

Roses mécaniques, Stéphane Desienne, éd. Numeriklivres, eBook 5,99€, livre papier 14€