Comment réussir sa vie sans être une rock starRecueil de trois nouvelles d’Eric Scilien, Comment réussir sa vie sans être une rock star est publié aux éditions Bookless. Je viens de réaliser cette lecture par l’intermédiaire de SimPlement, après accord de la maison d’édition. Je ne connaissais ni la maison ni l’auteur. La couverture de ce titre me semblait assez peu engageante, mais le thème de ces nouvelles beaucoup plus. Leur lecture confirme qu’il ne faut pas se fier aux apparences : ces nouvelles sont bien écrites et m’ont plu.

Interview de l’auteur, Eric Scilien, sur le site de Bookless éditions.

Trois nouvelles d’inégale longueur composent ce recueil. Traitons tout d’abord de la plus courte, la deuxième, intitulée Les plus belles victoires se forgent au cœur de la défaite. Le titre est particulièrement long et résume à lui seul le texte tout entier. Le cas de figure particulier qui est présenté est celui d’un athlète qui entend participer aux jeux olympiques. C’est malheureusement sans compter sur un accident de voiture. Le point de vue présenté est celui de la fiancé du sportif. On imagine sans peine que cette victoire au cœur de la défaite est celle de l’homme qui ne peut plus marcher pour retrouver l’usage de ses jambes, mais aussi son envie de vivre et de se battre. Le texte est classique, sans surprise, la fin est attendue. Il se lit facilement, sans enthousiasme particulier, mais sans déplaisir non plus. C’est le texte qui m’a le moins intéressée des trois.

La première nouvelle, beaucoup plus longue, Tout le monde peut changer sa vie, est plus originale. Un jeune couple s’installe en Ardèche pour créer des chambres d’hôte mais la masure achetée est longue à rénover, la tension monte, la fatigue et le froid ne les aident pas à envisager sereinement l’avenir. C’est à ce moment que surgit une proposition insensée, potentiellement dangereuse et illégale, mais fortement rémunératrice. Que faire ? L’homme est confronté à un choix crucial. Cette nouvelle frôle le fantastique avec son personnage sorti de nulle part pour proposer une tâche abracadabrante. Le lecteur ne sait d’ailleurs pas exactement ce que cela cache. Ce que j’ai aimé le plus : le questionnement qui s’en suit, le remords, la culpabilité, la honte d’avoir cédé. La fin est déroutante. J’ai aimé le fait qu’elle soit ouverte. La nouvelle laisse une impression d’étrangeté.

Enfin, le dernier texte, Comment réussir sa vie sans être une rock star (le titre de la nouvelle est celle aussi du recueil) est assez amusante à lire. On ne peut que plaindre le pauvre Jean-Louis qui, malgré ses efforts, ne réussit pas grand chose, alors que son cousin a tant de facilité et transforme en or tout ce qu’il touche. C’est le point de vue de Jean-Louis qui est adopté. Le retournement de situation, certes modeste, mais retournement tout de même, permet de finir avec bonheur la nouvelle. Oh, bien sûr, ce n’est pas comme s’il était une rock star et avait réussi dans la vie ou même réussi sa vie comme son cousin, mais tout de même… on peut goûter même les petites victoires. C’est un texte bon enfant, optimiste et assez plaisant. Dommage qu’il soit chapitré de manière assez artificielle. Je pense que les sous-titres de partie ne sont absolument pas nécessaires.

Pour conclure : trois textes agréables. Le deuxième est certes moins original que les deux autres, mais l’intérêt de ces deux longues nouvelles qui l’encadrent est bien réel.

Comment réussir sa vie sans être une rock star, Eric Scilien, éd. Bookless, 4,99€