Petits meurtres à Mangle streetLe titre me tentait, la couverture aussi. Je viens rapidement de lire Petits meurtres à Mangle Street, premier tome des enquêtes de Middleton et Grice, et je l’ai trouvé pas mal du tout.

Sydney Grice est un détective « personnel » pingre, sans cœur et extrêmement désobligeant. March Middleton, sa pupille, est une jeune fille qui arrive à Londres pour loger chez lui, suite à la mort de son père. Elle va l’assister dans son enquête sur le meurtre sauvage d’une jeune femme.

March Middleton est vive, intelligente, a de la répartie et entend bien ne pas se laisser marcher sur les pieds. Que les misogynes de tout crin se le tiennent pour dit ! Grice est prétentieux, vaniteux, irritant, on le déteste, et pourtant… même quand il a tort, il a raison : celui qu’il fait condamner n’est pas si innocent que March le pense…

Ce roman est rocambolesque : plusieurs meurtres, plusieurs coupables, une confession qui vient d’outre-tombe, un comédien – et une comédienne si l’on peut dire. Petits meurtres à Mangle Street se double d’une peinture de Londres en cette fin du XIXe siècle, avec la misère de certains, les logements délabrés, les pickpockets, la malnutrition, les rues sordides… Jacques l’Eventreur n’est pas loin. Et Conan Doyle non plus.

Toute cette histoire est portée par deux personnages antagonistes, March Middleton ayant trop de cœur et se laissant abuser, Sydney Grice trop peu d’humanité et se laissant emporter par des sentiments bien moins charitables. Le duo fonctionne cependant, on rit des répliques cyniques de l’un, des répliques corsées de l’autre – surtout quand on s’attaque à son statut de femme.

Un second tome de ces enquêtes est paru cette année chez City éditions. J’attendrai une sortie en format de poche, mais le lirai certainement, le moment venu.

Petits meurtres à Mangle Street, Les Enquêtes de Grice et Middleton tome 1, M. R. C. Kasasian, éd. France loisirs, coll. piment noir, 9,99€