L'homme idéal existe. Il est québécoisDeux phrases pour un titre, c’est assez rare, non ? L’homme idéal existe. Il est québécois est un court roman de Diane Ducret. Il s’agit de « chick lit », genre que je ne lis pas souvent, parce qu’il est rare que j’apprécie ce type de livre. Celui-ci est cependant particulièrement gratiné. Il est très drôle et cette drôlerie est due aux quiproquos causés par le lexique québécois incompris de la Française.

Le premier chapitre m’a paru un peu lourd, j’ai soudainement regretté d’avoir acheté ce livre (le format de poche chez j’ai lu est sorti le mois dernier). Et puis dès le chapitre suivant, j’ai accroché grâce à la galerie de portraits d’hommes qu’établit la narratrice. Ces portraits sont croustillants, un poil exagéré, mais assez véridiques sur le fond. Viennent ensuite le voyage au Québec à proprement parler et les petits soucis propres au séjour. Si la panne de chauffage est un ressort un peu trop tiré par les cheveux à mon goût, les petits inconvénients du quotidien sont bien trouvés : se brosser les dents, signaler que l’on a ses règles, faire discrètement ses besoins… On suit ces micro-aventures en étant dans la tête de la narratrice. Aucune de ses réflexions ne nous est épargnée. La différence de culture entre Québécois et Français est mise en avant. Les comportements diffèrent sur bien des sujets, les attitudes – beaucoup plus cool chez les Québécois – aussi. Pour un peu, on aimerait vivre au Québec – à condition qu’il n’y fasse pas -20°.

Le récit tourne surtout autour des difficultés de communication et de ce que la narratrice croit comprendre alors qu’elle est totalement à côté. Les mots et expressions lui semblent bien plus sexuels qu’ils ne le sont.

– Désolé. J’aime bien prendre mon temps, je turlute sous la douche.
Il est vraiment détendu, celui-là.
– Tu turlutes ? Tout seul ?
Moment d’inconfort sur mon visage. (p. 85)

Turluter, c’est chanter… Et il en est ainsi à plusieurs reprises, ce qui est franchement drôle. Après cette lecture, on a nécessairement assimilé quelques expressions locales.

L’homme idéal existe. Il est québécois n’est pas une grande œuvre, je n’ai pas toujours apprécié la façon d’écrire, mais j’ai passé un bon moment, j’ai en tout cas ri à plusieurs reprises. Une lecture pour se détendre !

L’homme idéal existe. Il est québécois, Diane Ducret, éd. J’ai lu, 6,90€