Le Baiser de PandoreLe Baiser de Pandore est un livre aux multiples vies : d’abord semble-t-il auto-édité, il vient d’être réédité aux éditions Incartade(s). Je l’ai pour ma part lu en ePUB ; il s’agit d’un service presse proposé par l’auteur, Patrick Ferrer, via le site Simplement.

Paul Heyland passe de la police aux enquêtes privées, avec une seule idée en tête : retrouver Délia, comprendre qui elle est, de quelle manière elle est impliquée dans un meurtre. Cette jeune femme ukrainienne insaisissable, indéfinissable, hante ses jours et ses nuits. Il suit sa trace de la France à Moscou dont l’amère réalité, avec son froid glacial – et pourtant sa beauté fascinante -, la débrouillardise et la prostitution, est essentielle au récit. En fond de trame, la chute de l’URSS, la fin d’une époque et l’émergence d’une autre avec toutes les incertitudes et les fluctuations que cela engendre.

Le Baiser de Pandore est un polar, on y lit la misère, l’instinct de survie ; plusieurs personnages ont un caractère bien trempé, le personnage principal, Paul Heyland, semble très carré à certains égards et pourtant divague, se laisse porter par son instinct. On ne comprend pas toujours à quelle logique il obéit. Pour quelle raison, pour répondre à quel plan, dans quelle optique, par exemple, permet-il à Délia de s’échapper alors qu’elle est incarcérée ? Il est littéralement envoûté par cette femme…

Le roman n’est pas uniquement chronologique. Des chapitres retraçant le passé de la jeune femme sont insérés ici et là. Le lecteur a donc davantage d’informations que l’enquêteur.

L’écriture des dialogues est particulière : le style direct est utilisé pour rendre les propos de l’interlocuteur d’Heyland tandis que le style indirect rend compte de ses propres paroles. Le procédé est très récurrent, trop à mon avis : je pense que tout procédé d’écriture doit s’utiliser avec parcimonie sans quoi il devient lassant pour le lecteur et donne une impression « mécanique » assez déplaisante. Heureusement, cette impression est contrecarrée par le reste du texte dont j’ai apprécié la lecture. Il y a de très belles phrases, de beaux passages. Je pense notamment à une description de Moscou sous la neige.

Le Baiser de Pandore est un roman noir de lecture assez agréable. Je ne l’ai pas trouvé excellent, je n’ai pas adoré ce livre, mais il se laisse lire et apprécier à sa mesure.

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Le Baiser de Pandore, Patrick Ferrer, éd. Incartade(s), 19€ (lien d’achat sur Chapitre)