Un avion sans elleJe pensais qu’Un avion sans elle serait un roman extraordinaire. J’en avais tant entendu parler. J’avais lu tant et tant de fois des éloges de l’auteur, Michel Bussi. Eh bien non, finalement, j’ai trouvé ce roman assez moyen, pas mauvais, mais pas extraordinaire du tout. Un livre ordinaire. (Mais pourquoi en a-t-on fait un tel foin ?)

J’étais pendant quelques jours quelque part loin avec des livres mis à ma disposition, dont ce Un avion sans elle. C’est ainsi que j’ai commencé à lire ce thriller. Un avion s’écrase, un bébé seul survit à la catastrophe, mais quel est ce bébé ? Deux bébés de trois mois environ faisaient le voyage. Comment reconnaître cet enfant ? Deux familles se déchirent. Telle est la base du récit.

J’ai lu environ 250 pages du livre, puis, voyant que je n’aurais pas le temps de finir avant mon départ, j’ai lu quelques dizaines de pages à la fin du volume. Si j’ai procédé ainsi, c’est pour connaître le fin mot de l’histoire tout de même, mais aussi parce qu’il m’importait peu de savoir comment on y arrivait, car l’histoire n’avait pas grand chose de captivant.

C’est surtout la façon d’écrire qui m’a gênée. C’était lent, étiré à l’extrême. Je pourrais sur ce point comparer ce titre avec Les Yeux du dragon qui m’avait donné la même impression. Ou encore, vous m’excuserez, avec la série télé Les Feux de l’amour. On suspend, on développe autre chose, on revient, on reprend les infos déjà données, tout avance si lentement… Un thriller qui manque de mouvement, qui manque de rythme. Rien à voir avec de précédents thrillers que j’ai lus (Projet Anastasis, Les Pierres couchées par exemple). Très nettement, je préfère ces titres-là…

Rien de remarquable dans l’écriture, dans le vocabulaire que j’ai jugé assez commun. Je ne vois pas de recherche stylistique, de travail sur les mots. Si le roman était efficace, je pourrais passer outre, mais comme de ce point de vue, cela n’a pas fonctionné avec moi, j’ai été d’autant plus sensible au style. Ça se lit assez bien, facilement, c’est « fluide » comme on dit. Et puis après ?

Je me suis à un moment posé une question sur le mot « clenche ». Utilise-t-on ce terme pour désigner une poignée de porte lorsqu’on passe toute sa vie à Dieppe et qu’on est à Paris depuis moins de deux ans ?* Je m’interroge sur la justesse de la voix du personnage. Je ne suis pas sûre que ce terme de « clenche », utilisé dans le nord-est, soit utilisé fréquemment dans d’autres régions. Pour preuve, où je vis actuellement, les gens n’utilisent pas le mot, voire ne le connaissent même pas. Je ne sais pas si le terme intervient à propos dans le texte ou s’il s’agit d’une erreur. Mais bon, vous l’aurez remarqué, je m’interroge souvent sur des détails. Celui-ci m’a perturbée plus qu’un autre.

Globalement, Un avion sans elle est attractif quand on veut lire un roman facile. C’est plutôt bien trouvé. Je n’ai pas apprécié cette lecture à cause du rythme languissant, mais ce n’est que mon point de vue. Je comprends que l’on puisse plus ou moins aimer le texte, mais pas que l’on puisse l’encenser. Pourtant que de prix littéraires reçus ! Grande incompréhension de ma part. Comme pour le roman Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates que j’avais trouvé pas mal, sans plus

Je ne sais pas si je tenterai un jour la lecture de Nymphéas noirs. Je craindrai trop d’être déçue.

Un avion sans elle, Michel Bussi, éd. Presse de la cité, rééd. Pocket

* On m’a appris que le terme était effectivement utilisé, aucune erreur donc concernant la voix du narrateur.