Retour à WhitechapelUne enquête sur Jack l’éventreur. Retour à Whitechapel est un roman policier qui met en scène une femme, Mrs Pritlowe, infirmière à Londres pendant la 2nde guerre mondiale, qui découvre à la mort de son père qu’elle est la fille de la dernière victime de Jack l’éventreur. Elle s’inscrit alors dans un club dont les membres examinent les documents de l’époque, échafaudent des théories… A son tour, Mrs Pritlowe essaie de découvrir qui était l’assassin de sa mère. Et elle va pour cela jusqu’à fouiller ses souvenirs d’enfant à l’aide de l’hypnose.

Le roman est composé de chapitres qui relatent les recherches de Mrs Pritlowe mais aussi des scènes qui se déroulent en 1888 : on suit chaque victime de Jack l’éventreur, leurs dernières heures sont reconstituées, on assiste aussi aux dépositions des témoins.

Si vous aimez l’ambiance des rues de Londres à la tombée de la nuit, en cette fin du XIXe siècle, ce roman devait vous plaire. Pour ma part, j’ai regardé un temps la série Ripper street. Dans le livre comme dans la série, il est question de logements miséreux et de ces femmes qui fabriquent des allumettes, dont le visage est détruit par le phosphore. La série est cependant plus gaie, plus colorée, plus édulcorée devrais-je dire que ce roman, qui fouille les entrailles – si je peux dire – de ces rues de l’East End, avec ses dockers sans le sou, la maladie, les chambres louées à la journée, les agressions et vols des quelques pièces que les uns ont pu gagner. La misère partout, l’espoir nulle part.

A la fin du roman, Mrs Pritlowe découvre qui est Jack l’éventreur. C’est une des nombreuses déductions qui ont pu voir le jour autour du « mythe » Jack l’éventreur. Faut-il s’en satisfaire ? Dans le cadre du roman, je trouve cette fin précipitée, un peu facile, décevante. Peut-être l’auteur du livre tient cependant la solution. Ce n’est pas impossible. La réalité est souvent plus décevante que ne pourrait l’être la fiction, c’est pourquoi il me semble dommage d’un point de vue littéraire de s’en tenir là. Petite déception pour cette fin, donc, mais intérêt certain pour toute l’histoire narrée jusque là. J’essaierai de lire un autre roman de Michel Moati.

Retour à Whitechapel, Michel Moati, éd. 10/18, coll. Grands détectives, 8,10€