La Vérité et autres mensongesIl ne me semble pas avoir entendu parler de ce roman à sa sortie en 2015 (alors même qu’il a obtenu un prix littéraire). La Vérité et autres mensonges est un thriller traduit de l’allemand et édité chez Albin Michel que j’ai pris par hasard à la bibliothèque. J’ai commencé immédiatement sa lecture et l’ai fini rapidement : les caractères sont de bonne taille, le livre ne comprend qu’un peu plus de 300 pages et il se lit facilement, d’autant que l’intrigue est captivante.

Henry n’a eu d’existence qu’étant enfant. Après une fugue d’un orphelinat, on perd sa trace. Il ne réapparaît que bien plus tard, auteur d’un livre qui devient un best seller. Les romans suivants connaissent le même succès. Henry est un auteur adulé. Or, toute cette nouvelle vie est basée sur un mensonge. C’est sa femme, Martha, qui écrit, nuit après nuit, mais ne souhaite pas revendiquer la paternité de ses œuvres. Henry assume cela bien bien mieux qu’elle ne le ferait. La littérature ne l’intéresse pas, dit-elle, elle veut simplement écrire.

Henry excelle dans le mensonge. C’est lorsqu’il dit la vérité que c’est plus compliqué. Ou alors, il se tait. Il ne dit pas à Betty, sa maîtresse, ce qu’il pense réellement en voyant l’échographie du bébé. Il ne lui dit pas qu’il ne souhaite pas quitter sa femme. Il envisage plutôt de tuer sa maîtresse. Fâcheux concours de circonstances, c’est sa femme qui meurt à sa place. Le problème constitué par Betty et le bébé n’est pas résolu, la police commence son enquête, son ami l’a vu rouler phares éteints la nuit de la « disparition » de sa femme, son roman n’est pas achevé et, plus agaçant que tout sans doute, une martre le nargue dans sa maison.

La Vérité et autres mensonges est un roman réjouissant, cynique, drôle, qu’on dévore comme un petit pain tellement on souhaite savoir comment peut s’en sortir Henry. Car le personnage, aussi désagréable puisse-t-il paraître par moments, aussi menteur soit-il, est aussi sympathique.

La Vérité et autres mensonges, Sascha Arango, trad. de l’allemand par Dominique Autrand, éd. Albin Michel, 20€