La Galerie des jalousiesLa Galerie des jalousies est une grande fresque qui se déroule après la première guerre mondiale, en Vendée, dans un village minier. Les éditions Calmann-Lévy m’ont proposé d’en recevoir le premier tome en service presse. Encore un livre auquel je n’aurais pas prêté attention si on ne m’avait pas envoyé un courriel. En l’occurrence, il s’agit encore d’une très bonne suggestion de lecture. Je n’étais pas sûre d’aimer une saga familial, avec ses remous amoureux, et son côté rural qui me fait penser à ces grandes séries de l’été à la télévision (ou plutôt à ce qui existait il y a vingt ans ou plus, car j’ai cessé depuis longtemps de savoir ce qui se passait sur le petit écran). Les romans du terroir ne font pas partie des genres que j’affectionne le plus. Pourtant, j’ai beaucoup aimé ce livre dont les 600 pages se dévorent littéralement.

J’ai aimé suivre les aventures d’Isaure, engluée dans son amour impossible pour Thomas, qui se marie avec une autre dont il va avoir un enfant. Mais ce sont aussi – et peut-être surtout – les personnages secondaires que j’ai appréciés, les histoires annexes qui se greffent avec bonheur à cette histoire d’amour : l’enquête sur le meurtre d’un mineur alors que les galeries s’effondrent, les relations sociales entre bourgeois, petits nobles et les mineurs, le désir d’une « gueule cassée » d’avoir une vie normale et heureuse, les escapades du dimanche chez une veuve à qui le père de Jolenta (femme de Thomas) fait la cour, les extravagances des uns, la chaleur humaine des autres, le courage d’une enfant mourante…

Heureusement, la fin du tome 1 permet de conclure réellement le roman ; on n’est pas obligé de courir lire immédiatement la suite : l’enquête pour meurtre est résolue, la petite malade meurt (c’est aussi une façon de conclure), Isaure a un avenir assuré, elle est libre surtout de choisir où porter ses pas. Bien sûr, le moment d’égarement final peut remettre en question ce que l’on imaginait et relance l’histoire vers d’autres développements… Rien ne m’ennuie plus que les fins qui n’en sont pas, j’ai donc été soulagée de lire la fin conclusive du tome 1.

L’écriture est claire, agréable. Le roman est découpé en de nombreux chapitres qui eux-mêmes conduisent le lecteur vers des lieux et des horaires différents, indiqués clairement en caractères gras. Un séquençage auquel on s’habitue vite, même si cette façon de procéder m’a surprise au départ.

Je ne connaissais jusqu’à présent pas l’auteure. Or, Marie-Bernadette Dupuy a écrit de très nombreux romans, souvent sous forme de sagas, comme pour La Galerie des jalousies. Que de livres, que de pages ! Et pourant, l’auteure ne semble pas s’essouffler. Ce premier tome de La Galerie des jalousies est porté jusqu’à la dernière ligne avec force.

La Galerie des jalousies, tome 1, Marie-Bernadette Dupuy, éd. Calmann-Lévy, 22,90€