La lecture du dernier roman de Philippe Vilain, La Fille à la voiture rouge, me conduit à la lire d’autres romans de l’auteur. J’ai tellement apprécié l’un que j’ai souhaité reconduire mon plaisir de lecture. J’ai donc emprunté avant-hier un des deux livres disponibles à la bibliothèque, Le renoncement.

Le renoncementIl s’agit d’un titre un peu ancien (de 2001), très court puisqu’il ne comprend pas 100 pages. Le thème ? La relation amoureuse bien sûr – puisque j’ai appris en lisant La Fille à la voiture rouge que l’auteur s’en était fait une spécialité. Un récit qui flirte avec l’autobiographie, puisque le narrateur est là encore un double de l’auteur. Il s’agit d’un jeu entre le vrai et la fiction.

La mémoire est elle-même une fiction, elle déforme et déplace notre réalité. Il y a quelque chose de tragique à vouloir retrouver notre passé par l’écriture. La littérature est le cimetière des amours perdues dans lequel pourtant nous ne cessons jamais de revenir. (p.57)

L’écriture de ce roman est sobre, économe, sans exaltation, un peu à la manière dont le personnage-narrateur accepte les annonces les plus perturbantes que lui fait Catherine. J’y vois le choix du mot juste, de la phrase efficace qui dit simplement ce qu’elle veut dire, sans trop d’effusion, mais avec certains détails tout de même, détails qui se retiennent d’autant plus facilement qu’ils sont peu nombreux, comme le tee-shirt kookaï sous un tailleur pantalon noir.

Je parlais d’un sens de la formule pour La Fille à la voiture rouge, avec un rythme binaire marqué. C’est moins perceptible dans Le renoncement. Il y a cependant des passages réfléchis, pesés, qui débouchent sur des formulations de portée générale, ou sur un comportement qui est propre au narrateur ou qui concerne les êtres humains plus généralement. Deux courts exemples, pris aux pages 17 et 19 :

Elle avait la générosité désespérée, presque égoïste, des personnes entièrement dévouées aux autres qui ressentent tellement de culpabilité à l’idée d’être l’objet d’une attention particulière que donner leur est souvent moins pénible que recevoir.

Il me semblait souvent la rejoindre moins pour coucher avec elle que pour me faire pardonner de ne pas l’aimer assez.

Bon, vous l’aurez compris, j’ai été absolument emballée par ce roman. Un de mes prochains livres, sans doute, sera cet autre titre de Philippe Vilain disponible à la bibliothèque.

Le renoncement, Philippe Vilain, éd. Gallimard, coll. L’infini, 10,95€