La Petite SirèneJ’ai reçu récemment les deux nouveautés BD des éditions Graph Zeppelin et viens de lire La Petite Sirène. Il ne s’agit pas du conte d’Andersen mais d’un scénario original de Meredith Finch : s’il y a bien potion pour se transformer en humain, ce n’est pas la petite sirène elle-même qui est concernée (ou du moins pas pour l’instant, je ne sais ce qu’il en sera dans les tomes suivants, il est probable que l’intrigue du conte y refasse surface), mais son père, amoureux d’une femme humaine. La BD met ainsi en scène des événements survenus dix-neuf à vingt ans plus tôt afin d’éclairer la nature d’Erika, la « petite sirène ».

La principale intrigue de ce premier tome concerne l’emprisonnement d’Erika dans un laboratoire où elle subit diverses expériences et où un homme, sorte de savant fou, entreprend de créer une armée dotée des pouvoirs de la sirène, armée qui prend corps et contre laquelle vont devoir lutter le père d’Erika, roi d’Atlantis, et ses sujets. L’aventure se focalise sur Erika et ses pouvoirs, mais aussi sur l’intervention mystérieuse d’une sorcière.

La Petite Sirène est une BD lumineuse, très colorée, avec un choix de couleurs marquant des contrastes importants, ce n’est une palette « naturelle » mais cela marque un univers de héros, de surhommes… Les expressions faciales des personnages sont très claires, la surprise est ainsi représentée avec une bouche grande ouverte sur des dents d’un blanc éclatant, c’est un brin exagéré. Il y a aussi une représentation assez courante de personnages en contre-plongée. On peut l’interpréter de différentes façons, cela marque sans doute souvent le pouvoir du personnage en question par rapport à autrui, dans une position subalterne, pour l’interprétation la plus courante. On peut aussi imaginer un regard tapi, qui observe la scène en cachette. Les personnages sont minces, athlétiques, on a une représentation stylisée et assez stéréotypée du corps humain. Les femmes ont des seins opulents et des cheveux longs.

Ce tome de La Petite Sirène est divisé en cinq chapitres et suivi d’un bonus important, illustrations en couleurs (« galerie de couvertures ») qui sont très belles, crayonnés et rencontre avec les auteurs.

Au final, une BD visuellement très belle, intrigante, qui renouvelle le mythe de la petite sirène, davantage pour un lectorat jeune, adolescent, familier de l’univers des comics, ce que je ne suis pas, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce tome, même s’il manque évidemment de subtilité.

Un extrait à lire ICI.

La Petite Sirène, scénario de Meredith Finch, dessin de Miguel Mendonca et couleur d’Ivan Nunes, éd. Graph Zeppelin, 16€, en librairie le 20/10/17.