Abeilles gardiennes de notre avenirDans la nouvelle collection Gardons les pieds sur terre des éditions Rustica figure à présent ce titre dont je viens de terminer la lecture, Abeilles, gardiennes de notre avenir. L’auteur, Paul Fert, est un spécialiste des abeilles, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet.

[Lien vers un autre titre de la collection Gardons les pieds sur terre : J’agis pour demain]

Un livre sur un thème qui m’a passionné étant enfant. Je lisais alors tout ce que je trouvais sur les abeilles et leur mode de vie. Mon intérêt n’est peut-être plus le même, mais il a été récemment ravivé quand des abeilles se sont rassemblées en essaim dans un arbuste, juste devant notre maison et que j’ai fait appel à un apiculteur pour qu’il vienne récupérer la ruche.

Bref, j’ai reçu récemment deux nouvelles publications de cette collection Gardons les pieds sur terre et j’ai bien sûr tout de suite choisi de lire ce volume, de petit format, mais riche en informations.

On y parle du rôle des pollinisateurs pour la biodiversité, essentiel pour notre alimentation car un grand nombre de plantes ont besoin de leur action (les carottes par exemple). Les pollinisateurs sont nombreux, les abeilles en font partie, elles ont donc un rôle important même si on oublie parfois qu’elles ne sont pas seules à polliniser.

J’ai été frappée dans Abeilles, gardiennes de notre avenir par une anecdote (p. 32-33) concernant les États-Unis et plus spécifiquement les amandiers de Californie. Imaginez : on fait venir des ruches exprès pour la pollinisation. On les loue et les transporte. Cela représente au total 1,6 millions de ruches déplacées !

Même s’ils récupèrent une partie de leurs colonies affaiblie à cause de l’apport de pollen non varié, de l’absence de nectar et des épandages de pesticides qui continuent en période de floraison, les apiculteurs sont chaque année au rendez-vous, attirés par les rétributions importantes.

Un mode de fonctionnement qui surprend, c’est le moins que je puisse dire. Je trouve tout aussi étrange que les apiculteurs américains ne pratiquent pas de vente au détail du miel.

Cela dit, revenons au livre dans son ensemble. Il relate quels sont les dangers qui pèsent sur les abeilles, et ceux-ci sont nombreux, de diverses natures :, virus, mauvaise accommodation à leur espace de vie car on les a fait venir d’autres régions du globe, hybridation qui peut les affaiblir parfois, résidus de pesticides, herbicides, parasites, manque de diversité dans la flore, frelons d’Asie, etc. (Même les produits censés n’être pas néfastes pour les abeilles le sont, ils le sont simplement moins, ne touchant guère – ou étant moins dangereuses que d’autres produits pour – les abeilles adultes seulement).

Un passage qui m’a semblé très intéressant concernant les fausses croyances sur les abeilles. Ce chapitre s’intitule « le péril insidieux  de la désinformation et de l’ignorance » (p. 83 à 93). On peut faire du mal avec de bonnes intentions, parfois. Pensons par exemple à l’engouement pour les ruches de toiture. C’est chouette, cela part d’une bonne idée, sauf que lorsque l’on n’est pas formé, on n’apporte pas les soins et l’entretien suffisants, que les toitures en question ne sont pas toujours accessibles aux horaire et jours où il faudrait intervenir, etc.

En tant que consommateur de miel, il convient aussi de se méfier de la provenance, de la qualité du miel. L’étiquetage peut se contenter de notifier « provenance de l’Union européenne » ou « hors Union européenne », ce qui est une information faible et même non fiable, puisque des trafics existent avec réétiquetage. Personnellement, je ne parviens pas à comprendre que l’on puisse acheter dans un magasin du miel qui vienne de n’importe quel endroit – même si c’est uniquement de France. Le miel, n’est-ce pas ce que l’on achète sur un marché, dans une foire, dans un magasin qui vend des produits locaux uniquement, bref, n’est-ce pas ce que l’on achète au plus près de chez soi, à l’apiculteur même de préférence ? Vous comprenez qu’avec cette opinion, je ne peux qu’être surprise par les pratiques américaines.

Concluons, même s’il y a encore beaucoup à dire sur ce livre et autour de ce livre, l’idéal étant de le lire soi-même car je ne peux en faire un résumé exhaustif : Abeilles, gardiennes de notre avenir est un ouvrage très documenté, sérieux et accessible, trois qualités qui en font un livre particulièrement intéressant.

Abeilles, gardiennes de notre avenir, De la prise de conscience à la protection, Paul Fert, préface d’Hubert Reeves, éd. Rustica, coll. Gardons les pieds sur terre, 10€