La Galerie des maris disparusLa Galerie des maris disparus est un livre dont j’ai terminé la lecture le 14 octobre et dont je ne mets en ligne que maintenant mon petit compte rendu de lecture car je l’ai acheté, parmi d’autres livres, pour le swap « des livres et du thé café » de Livraddict. Je conserve la surprise pour ma binôme en n’en parlant que lorsqu’elle aura reçu ce livre. C’est donc un peu par hasard que je l’ai lu. Le titre et la couverture m’ont attiré. Il faut dire aussi que ce livre a été « prix des lecteurs » du livre de poche, comme l’a été Les Délices de Tokyo que j’avais bien aimé. Et puis, coïncidence, je viens de m’inscrire pour faire partie du prochain jury de ce prix des lecteurs. Je ne sais pas si je serai sélectionnée, mais quand je vois que deux livres récemment primés m’ont plu, je pense que mon profil pourrait correspondre à celui de ces lecteurs jurés…

La Galerie des maris disparus raconte la vie de Juliet depuis la disparition subite de son mari, George. Juliet sait qu’il ne reviendra pas et pourrait s’en accommoder – elle a repris son travail dans l’entreprise paternelle et réussit tant bien que mal à élever ses deux enfants – si ce n’est qu’elle suscite la pitié, la commisération et quelques critiques de la communauté juive à laquelle elle appartient. Elle n’est pas veuve, pas divorcée, son statut est très particulier et attire les regards et les langues de vipère. D’autant que Juliet bouscule les convenances, renonce à son emploi routinier pour s’accoquiner avec des peintres. Juliet n’a aucune connaissance théorique, mais elle ressent la peinture mieux que quiconque. Elle sait ce qui est bon. C’est ainsi qu’après avoir fait connaissance de Charlie, qui a réalisé son portrait, elle ouvre une galerie pour y exposer Charlie, ses amis et tous les jeunes talents qu’elle peut trouver. Sa conduite jette l’opprobre sur sa famille, mais Juliet n’en a cure. Elle poursuit sa voie et rencontre enfin Max, un peintre qui ne quitte pas sa cabane dans les bois et en tombe amoureuse.

Je ne vais pas vous raconter tout le livre. Les rapports des personnages entre eux sont fait de camaraderie, de jalousie. Juliet découvre un autre monde dans lequel elle ne se sent pas toujours à sa place. Ses relations deviennent conflictuelles avec sa fille. Elle ne parvient pas à comprendre son fils qui se passionne à son tour pour la peinture. Elle a préféré délaisser son rôle de mère pour se consacrer à sa passion, mais le vit mal quand elle comprend que sa fille s’éloigne d’elle et qu’elle a pour son fils les mêmes désirs de vie paisible que sa mère en avait pour elle-même. Elle entre en contradiction avec ses propres choix.

C’est un roman qui se lit avec plaisir. Une lecture tranquille où l’on suit la vie de Juliet jusqu’à sa fin. Peut-être aurait-il mieux valu couper l’histoire un peu plus tôt car les dernières pages sont diluées, elles résument des périodes de plus en plus longues. On passe ainsi du mariage de la fille de Juliet à la bar mitsva du petit-fils en quelques pages. Ce qui marque véritablement la fin, c’est le retour du premier portrait, celui que George a volé en quittant sa famille. A côté de cela, les autres événements semblent mineurs et faute d’un traitement qui les placerait en premier plan, semblent présents pour meubler les dernières pages, comme le divorce de la fille de Juliet.

La Galerie des maris disparus n’est pas une œuvre marquante, mais c’est un livre qui permet de passer un bon moment. C’est ce qui semble dicter l’attribution du prix des lecteurs : un livre agréable et facile à lire. Un livre qui fasse l’unanimité.

La Galerie des maris disparus, Natasha Solomons, éd. Calmann-Lévy, rééd. Le livre de poche, 7,90€ le format de poche