L'ÉcliptiqueL’Écliptique est un roman que j’ai beaucoup apprécié. Le fait qu’il porte sur le thème de la création artistique y est sans doute pour beaucoup, mais c’est aussi parce que l’auteur réussit à captiver l’attention du lecteur, à l’emmener où il le souhaite – et à le déconcerter en toute fin de roman.

Elspeth fait partie des « longs séjours » de Portmantle, une résidence pour artistes qui ne parviennent plus à créer ou pas à finaliser leur grand œuvre. Elle fait partie d’un petit groupe hétéroclite dans les disciplines représentées. Pour sa part, elle est peintre, ou l’était car elle ne parvient pour le moment pas à réaliser une toile. L’histoire commencer par l’accueil d’un nouveau, adolescent très perturbé par des cauchemars qui l’aspirent. Elspeth le prend en quelque sorte sous son aile…

La deuxième partie du texte revient sur les années qui ont précédé son « séjour », sur ses réussites et ses désillusions, sur son isolement après le départ de Jim dont elle a été l’assistante puis la consœur plus douée. Elle fait une rencontre décisive sur un paquebot où se joue un drame personnel. Elspeth est obligée d’affronter la vie avec l’aide de médicaments. Ce n’est que grâce à eux qu’elle peint, sans émotions, machinalement, pour honorer les engagements qu’elle a prise. Mais elle retrouve Jim par hasard…

La troisième partie revient sur Portmantle et les heures qui ont suivi la tragédie survenue à la fin de la première partie. Et la quatrième partie éclaire tout d’un jour nouveau… Ces deux parties sont plus courtes, surtout la dernière.

La première partie m’a donné une impression d’irréalité. Portmantle me semblait une sorte de « montagne magique » qui retient les artistes prisonniers tout en veillant à leur confort. Mais j’ai occulté cette impression, toute à l’envie de suivre ce qu’Elspeth et l’étrange garçon allaient devenir. C’est surtout dans la troisième partie que l’on peut s’interroger (les textes en japonais qui ne sont que des publicités pour des lieux sont particulièrement déconcertants) et pourtant, je n’ai pas déduit ce que j’aurais dû penser et ce qui ne nous est révélé qu’ensuite.

L’Écliptique fait le récit d’une déchéance rapide et relate la difficulté de créer, de sortir du marasme. C’est aussi un roman qui parle de solitude, d’isolement, du réconfort de l’amitié. Il fait état de la dépression du personnage central et de troubles mentaux. Enfin, il suscite l’empathie du lecteur. C’est un roman dont je garderai un excellent souvenir.

L’Écliptique, Benjamin Wood, éd. Robert Laffont, coll. Pavillons, 22€, existe aussi en format numérique