Le Manuscrit perdu de Jane AustenJe me méfie des austineries, mais j’ai pu apprécier La Quête de Mary Bennett, j’ai donc eu envie d’essayer la lecture du roman Le Manuscrit perdu de Jane Austen de Syrie James, avant de l’envoyer à ma binôme du swap « Jane Austen and England » auquel je me suis inscrite pour la deuxième année consécutive sur Livraddict. Lecture faite fin octobre, rédaction de ce billet dans la foulée mais une mise en ligne assez tardive, à la période où ma binôme aura reçu son colis…

Le Manuscrit perdu de Jane Austen est l’enchâssement de deux récits, l’un, à l’époque contemporaine, narre, à la première personne, l’extraordinaire chasse au trésor d’une jeune femme, dans le Devon. Venue en Angleterre pour quelques jours avec son compagnon, occupé par un symposium médical, elle est bibliothécaire dans une université américaine, mais a quelques années plus tôt commencé une thèse en littérature anglaise à Oxford. Le sujet de sa thèse ? Jane Austen bien évidemment. Si bien que lorsqu’elle trouve, dans un vieux livre de poésie, un fragment de lettre de Jane Austen elle-même – cela ne fait aucun doute qu’il s’agit bien de l’auteure -, elle est aux anges. Mieux : elle se met en quête du manuscrit que Jane Austen dit avoir perdu en 1802 dans le Devon. Le maître des lieux est mort, son fils est sceptique, mais finit par se lancer avec elle dans cette recherche qui aboutit à la découverte du manuscrit en question. Ce roman de Jane Austen fait l’objet du deuxième récit. Sa lecture est ponctuée de pauses avec retour à l’époque contemporaine, avec les enjeux d’une telle découverte et l’amour naissant entre des protagonistes.

Si le fragment de lettre m’a semblé un pastiche assez peu réussi de l’écriture de Jane Austen – mais peut-être est-ce dû à la traduction et non au texte lui-même, je l’ignore -, le roman, soit disant manuscrit perdu et retrouvé, est plus convaincant. Les thèmes de prédilection de l’auteure y figurent, on retrouve certains détails inspirés par ou contenus dans des romans de l’auteure, on peut d’ailleurs s’amuser à retrouver les références adéquates. Il manque sans doute à mon goût d’un peu d’humour. Et surtout d’humour léger, car se moquer de tel personnage, soit : on peut rire aussi bien de Mr Spangle que de Mr Collins – quoique, je dois vous avouer que j’ai une affection particulière pour Mr Collins -, mais il manque les allusions fines, l’ironie sous-jacente. Cependant,le « manuscrit perdu » est un brouillon, est censé être une œuvre de jeunesse qui plus est, on peut pardonner ce point. L’histoire est très plaisante à lire et obéit à un schéma proche de romans de Jane Austen.

Pour en revenir à l’époque contemporaine, l’histoire d’amour est vite devinée, vite conclue. L’essentiel est cependant le pastiche lui-même, c’est lui qui accapare le lecteur par son nombre de pages et l’intérêt qu’il suscite, si bien qu’il n’est pas possible d’envisager un développement conséquent à cet autre récit.

Au final, une bonne surprise que ce roman !

Le Manuscrit perdu de Jane Austen, Syrie James, éd. Milady romance, 7,90€