Ashford ParkAshford Park est un titre qui apparaissait dans la liste de souhaits de ma binôme pour le swap Jane Austen and England. Le roman se déroule en partie en Angleterre, à New York aussi et au Kenya. Il narre la vie sentimentale de deux jeunes femmes, d’Addie, élevée chez sa tante et son oncle, auprès de sa cousine Bea, juste après la première guerre mondiale (avec quelques passages consacrés à l’enfance et à l’adolescence), puis quelques années plus tard, alors que Bea et Frederick sont installés au Kenya, et de Clemmie, juriste qui se consacre à son travail au détriment de sa vie personnelle, en 1999 et peu après. Le rapport entre les deux femmes ? Addie est la grand-mère de Clémentine. Mais Clémentine ignore tout du passé de la vieille dame. Ce n’est qu’à sa mort que des pans entiers de son existence vont lui être révélés.

J’ai eu un peu de mal de m’intéresser vraiment à ce roman pendant les cent premières pages. Mais plus le roman progressait, plus j’avais envie de savoir ce qui était devenue d’Addie, à partir de son arrivée au Kenya. Et plus j’avais envie de savoir comment Clémentine finirait par se dégager de la situation dans laquelle elle s’embourbait – et bien sûr comment elle parviendrait à se rapprocher de Jon, puisque l’on comprend dès le début que ces deux-là étaient faits pour s’entendre – et bien plus car affinités.

Les changements d’époque, de personnage principal (Addie ou Clémentine) et de lieux, incessants, auraient pu être gênants et lassants. Or, j’ai trouvé que cette composition était judicieuse, que l’on apprenait à chaque passage juste ce qu’il fallait, sans en dire trop. C’est habilement mené – et pourtant, les risques pris avec une telle façon de procéder, la progression par petites touches pour raconter la vie de l’une et de l’autre, étaient réels. Cela aurait pu être un écueil. C’est au final réussi.

Le roman m’a laissé en fin de compte une bonne impression d’ensemble. Le rapprochement de Clémentine et de Jon était certes très prévisible, mais sans happy end les concernant, on aurait, en tant que lecteur, été frustré, si bien qu’il ne pouvait en être autrement. Ashford Park divertit et propose un bon moment de lecture.

Ashford Park, Lauren Willig, trad. de l’anglais américain par Françoise Rose, éd. Pocket, 8€