Le Sceau des sorcièresLe Sceau des sorcières de Jacques Vandroux est un roman qui a été auto-édité avant de rejoindre les éditions Robert Laffont, sous format numérique et sous format papier. Il s’agit d’une aventure du capitaine Nadia Barka, de la police de Grenoble, qui fait suite au thriller Au cœur du solstice dont je vous ai parlé précédemment ICI. Pour celles et ceux qui n’ont pas lu ce roman, pas d’inquiétude cependant à avoir, Le Sceau des sorcières peut se lire de manière indépendante.

Nadia vit à présent avec Étienne, également officier de police, et leur fille, Adèle. Beaucoup de fatigue et de tensions s’accumulent, si bien que Nadia part en vrille… Sa tendance à se sortir seule de toute situation, à ne pas solliciter d’aide, à vouloir régler des comptes d’elle-même la conduisent à devoir affronter une situation périlleuse. Mais Étienne, son compagnon, et son amie Sophie vont l’aider, malgré elle… Sa situation personnelle, déjà fort compliquée, ne serait rien s’il ne s’ajoutaient des meurtres odieux de jeunes femmes torturées jusqu’à leur dernier souffle. Ces femmes aux chairs mutilées ont un signe distinctif : elles portent un tatouage, celui du sceau des sorcières. Pour résoudre cette enquête et appréhender les tueurs, Nadia doit faire des recherches dans un lointain passé, quand l’inquisition faisait du zèle auprès des guérisseuses jugées pour sorcellerie.

Ce roman m’a amenée plusieurs fois à interrompre ma lecture, à cause des scènes violentes qui s’y trouvaient. L’évocation de la torture, bien sûr, mais aussi de la violence moins spectaculaire, plus commune, celle du viol d’une jeune fille, celle de coups de pied dans le ventre d’une femme enceinte. C’est cette violence-là, plus palpable, plus proche d’un quotidien sordide, qui m’a le plus affectée. Il y a vraiment des passages très durs…

Heureusement pour moi, mon intérêt s’est trouvé titillé par les écrits d’un moine, par les passages historiques, par la recherche de documents permettant de retracer la genèse des meurtres. L’excursion à Rome était un divertissement bienvenu. De même que cette halte à la Salette, lieu de pèlerinage.

Un bon équilibre existe entre difficultés personnelles de Nadia, notamment liées à son passé que l’on appréhende mieux dans les dernières pages du roman, et l’enquête sur les meurtres. C’est d’ailleurs ce qui me semble le mieux caractériser le texte dans son intégralité : un équilibre. Je parlais des scènes de violence, mais aussi des moments plus calmes, des retours à la paix. Chaque élément a sa part. Il en est de même avec le passé et les événements présents. Au final, même si j’ai ressenti des réticences à certains passages parce qu’il y avait trop de violence pour moi, ou du moins pour moi, dans l’état d’esprit dans lequel je me trouvais en lisant le texte (puisque c’est très subjectif et dépend bien souvent de la perception du moment), Le Sceau des sorcières me semble former un tout bien organisé, dense et assez harmonieux.

Les dernières pages laissent planer une incertitude. Mais qu’est-ce que ne pas être au mieux de sa forme physique si, mentalement, les nuages noirs se sont éloignés et que l’on profite enfin de chaque instant de sa vie ?

Le Sceau des sorcières, Jacques Vandroux, éd. Robert Laffont, 3,99€ le format numérique, 20€ le format papier