Tout d’abord, je vous souhaite à toutes et à tous, lectrices et lecteurs de mon blog, de passer une année 2018 sereine et remplie de joie !
Les quelques jours que j’ai passés ici ou là ne se sont pas déroulés sans quelques lectures, bien évidemment et je vais, pour économiser mon temps en ce début d’année, non pas écrire plusieurs billets de blog, mais réunir ici et commenter brièvement les titres lus, qui vont d’un roman de Jane Austen à la littérature contemporaine (Mon Chien Stupide et La Jeune Épouse).

Persuasion de Jane Austen

PersuasionIl peut sembler curieux que je n’aie pas lu ce livre plus tôt alors que j’ai vu et revu le téléfilm. Ce livre m’a été offert par ma binôme du swap Jane Austen and England. Je l’ai lu sitôt reçu. J’ai noté les quelques divergences existantes avec le téléfilm.
Persuasion
est parfois cité comme le titre de Jane Austen que les lecteurs préfèrent. C’est un bon roman, mais est-ce le meilleur ? Il m’a été très agréable à lire, c’est une belle histoire d’amour, mais je trouve le texte moins porté sur l’ironie qu’Orgueil et préjugés, et comme c’est un aspect de l’écriture de l’auteure que j’affectionne particulièrement, Persuasion ne m’a pas paru aussi bon que ce titre-là.
La peinture des mœurs et des caractères est très intéressante. Le revirement de l’amie, en toute fin de roman, avec les explications qu’elle fournit, me semble cependant assez artificielle.

Mon Chien Stupide de John Fante, éditions 10/18

Mon Chien StupideJe ne sais pas où ni quand j’ai lu quelque chose au sujet de ce livre, mais le titre me semblait vaguement familier. Je n’avais jamais lu quoi que ce soit de son auteur. C’est un roman assez court trouvé dans la librairie qui se situe à côté de chez mes beaux-parents, dans laquelle je passe à chaque fois que je suis de séjour dans cette petite ville.
Mon Chien Stupide met en scène un écrivain incapable d’écrire et sa vie familiale à la dérive. J’ai trouvé dans ce roman des échos familiers, j’ai pensé par exemple à un titre d’Howard Jacobson, La Grande Ménagerie. Le thème du romancier alcoolique, désabusé, qui ne parvient plus à écrire quelque chose de valable, m’attire toujours beaucoup. Surtout s’il est traité avec désinvolture, détachement, auto-dérision. En l’occurrence, Mon Chien stupide est particulièrement attractif et m’a beaucoup plu. C’est même un livre que je pourrais relire, c’est dire !

La Jeune Épouse d’Alessandro Baricco, éditions Folio

La Jeune ÉpouseEncore un titre, déniché dans la librairie mentionnée ci-dessus, d’un auteur qui m’était totalement inconnu (mais que je ne compte plus ignorer désormais !)
Un livre étrange, original. Les personnages, comme dans certaines pièces de théâtre, sont désignés par leur rôle au sein d’une famille : le père, la mère, la fille, le fils, l’oncle, la jeune épouse (celle qui doit épouser le fils). Le langage semble emprunté, les phrases prononcées par les personnages semblent mûries à tel point qu’elles détonnent dans le dialogue, j’ai eu cette sensation d’être en présence d’un langage théâtral alors même que le livre s’apparente au roman – mais là encore, j’ai des doutes, je ne peux pas affirmer qu’il s’agisse d’un roman, il semble hors-cases. Il y a un jeu sur les personnes, le texte est écrit à la troisième personne, puis un personnage devient subitement narrateur, on peine parfois à identifier qui est le « je », puis retour à la troisième personne. Le personnage de l’écrivain qui écrit le texte qu’on lit, dans une mise en abyme audacieuse puisque les frontières sont floues entre texte qui s’écrit et le récit des événements qui surviennent aux personnages, est alors narrateur et raconte ce procédé de changement de point de vue. C’est à la fois une histoire, celle de l’attente du fils, avec la découverte des secrets de cette étrange famille, et la création de l’histoire, avec d’éventuelles réflexions sur l’écriture, sur la composition, les procédés stylistiques,…
Un texte fascinant que je recommande.