Handi-gangHandi-gang est un roman que j’ai trouvé hier à la bibliothèque, mis en évidence sur un présentoir.

Imaginez un lycéen en fauteuil roulant (Sam) qui s’associe avec d’autres personnes portant un handicap ou concernés par le handicap d’un proche, pour faire reconnaître leurs droits à l’accessibilité des lieux culturels, de la cantine, des établissements scolaires, les commerces… Parce que les demandes officielles n’aboutissent pas et que beaucoup préfèrent payer une amende plutôt que d’aménager des locaux, parce que les séances de cinéma en LSF sont déprogrammées, parce qu’aucune signalétique en braille n’existe, parce qu’on les ignore, les méprise, les refoule, ces jeunes – et moins jeunes – se réunissent et décident d’agir. Sam, bien qu’il prône l’action, est contre la violence physique, contrairement à Isaac, qui ne pense qu’à détruire et punir. Le mouvement devient incontrôlable pour Sam. Le groupe, nommé Handi-gang (plusieurs membres sont opposés à ce nom qui les fait passer pour des terroristes au lieu de servir leur cause, mais il s’agit du nom que chacun finit par retenir), est menacé de scission…

Djenna est la mère de Sam. Elle est blogueuse, rédactrice, ex-prof, célibataire qui s’habille de vêtements informes et ne sort quasiment plus de chez elle. Cette histoire est aussi la sienne, avec son passé, sa rupture familiale, sa relation avec son fils, son refus de l’autorité, ses amants d’un jour, une rencontre amoureuse aussi…

C’est également l’histoire personnelle de Sam, avec ses questionnements, celle de son meilleur ami, et de quelques autres, chacun avec son parcours qui nous est raconté, ses difficultés, ses raisons d’être là.

Un roman qui se lit avec beaucoup de plaisir. Une fin qui marque les progrès réalisés pour les uns et les autres, mais aussi des limites et un certain fatalisme : tout ne pouvait évidemment pas être pour le mieux dans le meilleur des mondes, compte tenu du sujet abordé, cela n’aurait pas été crédible…

Handi-gang, Cara Zina, éd. Libertalia, 10€