Pour Siri avec amourJ’ai eu accès à ce témoignage de Judith Newman, Pour Siri avec amour, Une mère, son fils autiste et la tendresse des machines (pour son titre complet) grâce à Netgalley. Seulement, avec mes irrégularités de lecture, les jours où je n’ai pas une minute à moi, les jours où je souhaite lire quelque chose de léger, de différent, bref, pour quantité de raisons, je n’ai ouvert ce livre sur ma liseuse qu’il y a deux ou trois jours. Hier, en voulant lire la fin de ce témoignage que j’ai trouvé particulièrement intéressant, je me suis trouvée confrontée à un message d’erreur : le temps qui m’était imparti s’était écoulé, le livre avait disparu. Je n’ai donc pas pu lire la fin, ce que je regrette beaucoup. Le livre est paru en janvier, il coûte 20,90€… je pense attendre de le trouver d’occasion ou de le trouver en poche (voire mieux, de le trouver en poche d’occasion) pour enfin le terminer.

Gus est un garçon autiste de treize-quatorze ans au moment du récit. Il joue du piano avec sensibilité, chante juste et il est passionné par les métros, les trains… comme beaucoup d’enfants avec autisme (voire d’adultes : on évoque dans ce livre le cas particulier d’un homme fasciné par les bus et leurs trajets qu’il prend la place de conducteurs et se fait régulièrement arrêter et emprisonner pour cela. Pourvu que l’obsession pour les transports n’aillent pas jusque là pour Gus, pense sa mère, et moi de même avec mon fils). Judith Newman relate des situations du quotidien, ses goûts musicaux, son attirance pour les méchants de Disney (les dessins animés Disney sont si compréhensibles avec leurs méchants que l’on reconnaît aux sourcils et leurs émotions plus facilement décryptables – idem avec Thomas le petit train – qu’ailleurs, surtout que dans la vie réelle.). Il y est question de parole et de communication. Car il ne suffit pas d’associer des mots, de répéter des phrases entendues pour communiquer. Il faut une intention de communiquer, un message pertinent à faire passer… Pour Siri avec amour débute par un succès : Gus sait demander de couper du jambon à la boucherie d’un supermarché, même s’il est tout de suite parasité par des histoires de transport qu’il relate longuement. Succès relatif. Derrière lui, les gens attendent qu’il ait fini, alors qu’il s’étend sur les numéros de ligne à emprunter… C’est raconté avec drôlerie. J. Newman emprunte le point de vue d’une de ces personnes qui font la queue, le spectacle devient pathétique. Mais le pathétique répétitif, raconté et donc ainsi mis à distance, peut faire sourire.

J’ai été choquée par la question de la stérilisation. Bien sûr, il est difficile d’imaginer qu’un être qui ne comprend pas que les émotions d’autrui ne coïncident pas  toujours avec les siennes, qui n’a pas de compétence sociale, puisse élever un enfant. Mais que l’on puisse se poser la question, un jour, de l’opportunité de stériliser une personne pour ces raisons, je ne parviens pas à le comprendre. J’ai trouvé ce passage trop dur, c’est là que j’ai cessé un temps ma lecture… pour ne plus pouvoir la reprendre pour une raison technique.

Je n’ai donc malheureusement pas lu ce qui concernait Siri, l’assistant personnel d’Apple, et en quoi cette application qui répond à des demandes sur la météo, les horaires de transport, etc., a pu créer un lien avec Gus. Les machines ne manifestent pas de lassitude, quoi qu’on leur demande, quel que soit le nombre de fois où on leur demande. Une machine ne s’irrite pas, ne se fatigue pas de devoir répéter inlassablement la même chose. Les êtres humains, si, malheureusement, aussi bienveillants souhaite-t-ils rester, il y a des moments où les humains craquent. Donc, vivent les machines. Vive Siri et toutes les applications technologiques qui aident au quotidien et deviennent des « amis » éternellement bienveillants.

Pour Siri avec amour est un livre accessible, intéressant pour se plonger dans le vécu d’une famille dont un enfant est porteur d’autisme (expression que J. Newman refuse d’utiliser parce qu’on ne peut pas se décharger de son autisme comme d’un bagage), drôle parfois, avec des réflexions intéressantes (à l’exception de celle mentionnée plus haut qui m’a rebutée). J’en recommande très volontiers la lecture – du moins pour ce que j’en ai lu !

Pour Siri avec amour, Une mère, son fils autiste et la tendresse des machines, Judith Newman, traduit de l’américain par Johan-Frédérik Hel Guedj, éd. JC Lattès, 20,90€