Le Maître d'escrimeJ’avais beaucoup aimé Le Tableau du maître flamand du même auteur. Lorsque j’ai vu ce titre, Le Maître d’escrime, offert pour deux Points achetés, j’ai sauté sur l’occasion tant me plaisait l’idée de lire un autre livre de cet auteur.

Le Maître d’escrime se déroule à Madrid à la fin du XIXe siècle. Le maître d’escrime, personnage principal de ce roman, est un homme pétri de règles et de principes. L’honneur, la droiture… Des termes presque surannés tant le monde dans lequel il vit se délite. La situation politique est inquiétante, mais cet homme n’en a cure. Il ne vit que pour son art (que certains nomment un sport, quelle honte !) : l’escrime. Il donne encore quelques cours à de jeunes nobles qui pensent qu’une arme à feu est plus utile qu’une épée. C’est un homme vieillissant qui retrouve soudain l’espérance de la jeunesse lorsque se présente une dame particulièrement belle, énigmatique et douée à l’escrime. Mais les ennuis s’enchaînent alors, un meurtre est commis, à l’épée qui plus est. La belle dame se volatilise. Le maître d’escrime est-il le dindon de la farce ? Tient-il dans ses mains la clé de l’énigme ? Peut-il en jouer, mener le jeu ?

Le Maître d’escrime est un roman d’aventures, mais aussi de mœurs, d’amour – un peu, psychologique aussi. Certains passages pourraient faire penser à A. Dumas (auteur cité dans le roman lui-même d’ailleurs). On se prend d’intérêt pour cet homme rigide dont la cuirasse se fissure. Je regrette que certains événements soient si prévisibles (par exemple un personnage qui est retrouvé mort et complètement défiguré, qui n’a que sa stature et des bijoux pour l’identifier, risque fort d’avoir simulé sa mort… c’est si fréquent dans les romans !). Le passage où l’on découvre la correspondance d’un ministre est très confus, mais il l’est tout autant pour le lecteur que pour le maître d’escrime… Les éclaircissements n’interviennent que plus tard. Enfin, je n’ai guère aimé l’ultime rencontre du maître et de sa ravissante élève, le maître étant subjugué au point d’en perdre la raison – ce qui semble excessif compte tenu de son caractère.

Au final, un roman que j’ai assez aimé. Moins que Le Tableau du maître flamand cependant.

A la fin du roman, on trouve un extrait de Deux Hommes de bien, une histoire qui semble, à première vue, tout à fait captivante.

Le Maître d’escrime, Arturo Pérez-Reverte, éd. Points, trad. de Florianne Vidal